Menacée de dépôt de bilan, la Coop des masques appelle à une mobilisation pour acheter français

Trésorerie exsangue, stock de masques à écouler, la coopérative créée en janvier dernier pour répondre à la pénurie de production française peine à équilibrer ses comptes. Elle lance une opération de destockage et appelle à la cohérence des acheteurs publics.

"Notre destin est dans la main de tous ceux qui peuvent acter une commande". Le président du conseil d'administration de la coopérative Guy Hascoët est tendu ce lundi matin.

La réunion du CA le 15 septembre dernier a clairement établi que les tensions de trésorerie menacent l'avenir de la Coop et ses 24 salariés.

Dès le lendemain, une grande opération de déstockage a été lancée : -30% à -50% de réduction selon les types de masques.

"Toutes les commandes sont les bienvenues, les plus petites comme les plus grosses. 500 communes qui commandent un carton, ça fait 1 million de masques !" poursuit Guy Hascoët.

6 millions de masques dans le hangar

Lancée en janvier dernier, la coopérative fabrique quotidiennement 65 000 masques chirurgicaux et 50 000 masques FFP2 sur le site de Grâces dans les Côtes d’Armor.

Un projet né pendant la crise sanitaire, en réponse à une déclaration du président de la République pour qui la fabrication des masques devenait un « enjeu stratégique pour la nation ».

Faut qu'il y ait des sous qui rentrent et des cartons qui sortent !

Guy Hascoët

Le problème, c'est que les commandes ne suivent pas. Aujourd'hui, 6 millions de masques sont stockés dans le hangar de la Coop des masques, pour une valeur d'1 million d'€. Des masques qui ne trouvent pas preneurs."Faut qu'il y ait des sous qui rentrent et des cartons qui sortent !" fulmine Guy Hascoët.

Perdre l'habitude du moins disant

La très grande majorité des achats français de masques partent vers la Chine, où le prix unitaire est 4 à 5 centimes moins élevé que celui des produits hexagonaux. Une habitude du recours au moins disant qui n'a pas évolué malgré les bonnes résolutions apparues pendant la crise sanitaire.  "Les comportements qu'on observe sont exactement ceux dont on ne voulait plus il y a un an" enrage Guy Hascoët, "si ça continue comme ça, il n'y aura plus de filière française dans six mois !"

Un appel à la cohérence partagé par l'ensemble des professionnels : le Syndicat des Fabricants Français de Masques demande que toutes les administrations, institutions et entreprises publiques achètent des masques français

 

 

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