Porc: deux industriels majeurs refusent d'acheter au prix revalorisé

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Écrit par Thierry Peigné
Rassemblement de producteurs de porcs au marché au cadran à Plérin (22), le 11 février 2015
Rassemblement de producteurs de porcs au marché au cadran à Plérin (22), le 11 février 2015 © France 3 Bretagne

Deux industriels majeurs de la transformation de viande, la Cooperl et Bigard/Socopa n'ont pas participé lundi au Marché du Porc Breton, jugeant trop cher le cours du porc à 1,40 euros le kilo, fixé avec le gouvernement le 17 juin, pour soutenir les éleveurs en difficulté.

"Pas de cotation ... Situation inédite au MPB (Marché du porc Bretaon) ce lundi après-midi : 4 acheteurs présents, 3 absents. En conséquence, le MPB n'a pu être averti du prix de retrait du jour communiqué par huissier. N'étant pas en mesure d'établir une cotation sur la totalité des porcs présentés, le MPB, sur décision du CRP (Comité Régional Porcin), a décidé de reporter la séance du jour."


Voici le message que l'on peut lire ce lundi soir sur le site du Marché au Porc Breton. Une situation inédite résultant de la crise de l'élevage de ces derniers mois. Parmi les 3 acheteurs absents ce lundi, deux industriels majeurs de la transformation de viande, la Cooperl et Bigard/Socopa. Face à cette situation de crise grave, le Comité Régional Porcin breton tiendra une conférence de presse exceptionnelle ce mardi afin de présenter des réponses à la crise sans précédent à laquelle la production porcine est confrontée en matière de définition de prix. 

Les prix les plus élevés d'Europe

Dans un communiqué, le syndicat des industriels de la viande (SNIV-SNCP), estime que la production, "soutenue par les pouvoirs publics (...), obtient les prix les plus élevés d'Europe, sans trop se soucier du devenir des abattoirs" alors qu'en face "le secteur charcuterie-salaison considère que les viandes européennes sont meilleures que les viandes françaises (elles sont en réalité moins chères)" et que la grande distribution "n'a pas encore renoncé à sa politique de guerre des prix".

Le syndicat en appelle à "sortir du carcan du Marché du Porc Breton et, à minima, remettre à plat son règlement qui ne vise qu’à obtenir les cours les plus élevés d’Europe sans autre considération pour les abattoirs qui en meurent".

Le SNIV-SNCP regroupe les entreprises industrielles françaises, grandes et petites, du secteur de la viande bovine, ovine et porcine, soit 80 adhérents représentants 150 établissements industriels employant 35.000 salariés

Un prix "politique" de 1,40€ intenable

Contacté en début de soirée, Patrice Drillet, le président breton de la Cooperl, explique que "s'il comprend que le prix d'achat à 1,40€ le kilo de porc est indispensable pour les éleveurs, il est intenable pour les industriels de l'abattage compte tenu des cours 20 à 30 centimes moins chers en Europe". "Sans concertation  avec Bigard/Socopa, la Cooperl a décidé de réduire la voilure et de se suffire des achats de ses éleveurs adhérents (90% de son volume de porcs abattus) et de ne pas acheter les 10.000 porcs hebdomadaires au Marché au cadrabn de Plérin".

La Cooperl et Bigard représentent 30% des achats de porcs au marché au cadran. Avec plus de 2.700 agriculteurs adhérents, la Cooperl est le numéro 1 français du porc. Le groupe Bigard/Socopa est le leader français de la viande.

De son côté Paul Auffray, le président de la Fédération Nationale Porcine (FNP), dénonce un "chantage et une prise en otage des éleveurs".

Ce lundi soir, une réunion des éleveurs porcins doit se tenir à la chambre d'agriculture des Côtes d'Armor. 

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