Portrait. Sibylle Besançon, une artiste inspirée par le végétal

Sibylle Besançon est une artiste des Côtes d’Armor. Elle se sert du végétal pour ses créations. Entre ses mains, la roquette, des fruits de radis, ou encore des ronces prennent une autre forme et "piquent" la curiosité de ceux qui les regardent.

Un matin d’été, Sibylle sort de chez elle, face à la Rance. Pas besoin d’aller bien loin. Elle va chercher sa matière, celle qui alimentera ses créations. Ce qu’elle aime, c’est le végétal.

Autodidacte, elle commence par travailler le bois, "une révélation", se souvient-elle. C’était il y a 30 ans, elle prend alors des cours du soir pour se former. Mais la taille du bois fait souffrir ses épaules. "J’ai dû trouver autre chose, j’ai pensé aux fils. Qu’est-ce que je pouvais utiliser pour faire des volumes ? Et là les ronces, ça a fait tilt."

J’oriente mon travail sur le trait : une ligne peut-elle délimiter un espace, ou s'arrête l'intérieur, l'extérieur. J'utilise toutes sortes de fils, de lianes. Je cherche un autre mode d'appréhension du monde : le volume, les plans, la lumière, les rythmes, la poésie des formes.

Sibylle Besançon

Elle part donc le long des chemins à la recherche de ces fameuses ronces. "Je les cueille en fonction de ce que je veux faire, je prends souvent les tiges de l’année parce que ce sont les plus souples", explique-t-elle alors qu’elle s’affaire avec son sécateur et ses gants.

Sibylle insiste sur son rapport aux ronces. Elle ne défriche pas. Elle prend son temps. Cueillir les ronces "ce n’est pas un sport de combat". Elle nous montre les couleurs : le violet des tiges sous les rayons du soleil, le vert quand elles sont plus à l’ombre.

De retour dans son atelier, elle prend le temps de composer avec ces fils. Elle en fera des pelotes, des petites ou des très grandes. Elle sait mettre ses doigts entre les épines, pour ne pas se blesser.

Décaler le regard

L’artiste veut modifier le regard. "Une pelote, c’est rond, ça inspire la douceur en général", souligne-t-elle. Avec les ronces, la rondeur inspire autre chose, l’étonnement. De loin, le piquant n’apparaît pas. "Dans ce que je fais, il y a toujours un contraste entre une chose et une autre. J’aime bien créer ce décalage", explique-t-elle. Elle se rappelle que les premières fois où elle présente ses œuvres à base de ronces, notamment auprès d’un monde paysan, les réactions sont positives. Elle a su transformer cette nature hostile et envahissante.

Au plafond, des mobiles eux aussi faits de ronces tournent sur eux-mêmes, là encore juste le fait de changer de côté pour les regarder modifie leur perception.

Dans un autre coin, là ce sont les fruits (appelés siliques) de radis colorés qui donnent l’impression de petits personnages. "Je leur donne un peu de peps, ils ont tous une forme différente, j'aime l'idée de les rassembler car il y en a beaucoup".

Dans les prochains mois, Sibylle va poursuivre son cheminement sur le végétal. Elle a très envie d'explorer la forme de la brique désormais. 

Où voir les oeuvres de Sibylle Besançon ?

Les œuvres de Sibylle Besançon sont à découvrir aux

 

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