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Eolien offshore : l'amendement qui inquiète les industriels

La turbine qui équipera le parc éolien en mer de Saint Brieuc est une turbine de 8 MW développée par Siemens Gamesa. / © Ailes marines
La turbine qui équipera le parc éolien en mer de Saint Brieuc est une turbine de 8 MW développée par Siemens Gamesa. / © Ailes marines

Un amendement gouvernemental pourrait remettre en cause les 6 projets d'éolien offshore actuellement en projet sur les côtes françaises. Parmi ces 6 projets attribués entre 2012 et 2014, celui de la baie de Saint-Brieuc, porté par Ailes marines.

Par Sylvaine Salliou

Le gouvernement voudrait que l’Etat puisse renégocier, à la baisse, les tarifs de rachat de l’électricité retenus lors des deux appels d’offres, en vue du déploiement de six parcs éoliens en mer, au large des côtes normandes, bretonnes et vendéennes. Pour cela, il a donc a déposé au Sénat, un amendement qui, s’il était adopté, l’autoriserait à renégocier, voire annuler, a posteriori les appels d’offres d’éoliennes offshore déjà attribués. 

Que dit cet amendement?


L’amendement vise clairement à renégocier les prix des projets d’éoliennes offshore : "En 2011 et 2013, l’Etat a lancé deux procédures de mise en concurrence pour désigner des candidats pour construire et exploiter six installations d’éoliennes en mer. A ce jour, aucun contrat d’obligation d’achat n’a été signé et aucune de ces installations n’est construite. Le tarif accordé à ces installations est très élevé et ne correspond plus aux prix actuels de l’éolien en mer, entraînant des rémunérations excessives pour les candidats retenus. Les prix des parcs éolien en mer ayant fortement baissé, l’État cherche à réduire le coût de soutien public des projets tout en confortant la filière éolien en mer", précise l'amendement. 

Et le gouvernement pourrait "mettre fin" aux projets d'éolien en mer retenus par appel d'offres en 2012 et 2014. "Si la renégociation des contrats n’était pas possible, une des options pourrait être de mettre fin à ces projets et de relancer une nouvelle procédure dans les meilleurs délais afin de pleinement profiter des améliorations technologiques. C’est ce que permettrait le IV. Le V. limite la possibilité de mettre fin à des appels d’offres déjà attribués, mais dont le contrat d’obligation d’achat n’a pas été signé, aux deux premiers appels d’offres éolien en mer attribués en 2012 et 2014."


Le texte limite cette renégociation aux appels d’offres antérieurs au 1er janvier 2015, soit ceux de 2012 et 2014 : Saint-Nazaire, Courseulles-sur-Mer, Le Tréport, Noirmoutier, Fécamp et Saint-Brieuc.

"Signal désastreux"


Le projet d'amendement a fait l'effet d'une bombe dans le milieu. Pour Marion Lettry, déléguée générale adjointe du SER, le Syndicat des énergies renouvelables, c'est un signal "désastreux" pour tous les investisseurs.

Marion Lettry, déléguée générale adjointe du SER, le Syndicat des énergies renouvelables
Marion Lettry précise qu'il faut comparer ce qui est comparable. Le gouvernement compare les projets attribués à l'étranger aujourd'hui, à ceux qui ont été attribués en France il y a plusieurs années

Le Syndicat des énergies renouvelables (Ser) dénonce ce projet

En Bretagne, l'amendement gouvernemental passe mal. Au large de Saint-Brieuc, le projet porté par Ailes Marines avait obtenu les trois autorisations administratives nécessaires à sa construction et à son exploitation en avril dernier. Les 62 éoliennes devraient être placées à plus de 16 km des côtes les plus proches, elles mesureront 216 m de haut, pour une emprise totale de 75 km2. D'une capacité installée de 496 mégawatt (MW), le projet apportera sur le réseau 1 850 gigawatt-heure (GWH) par an, soit l'équivalent de la consommation de 850 000 habitants.


 

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