Eolienne en mer. La France épinglée par la cour des comptes. Les objectifs ne sont pas atteints

La cour des comptes vient tout juste de réprimander la France dans un rapport sur l’éolien. Nous sommes le seul pays européen à ne pas avoir atteint ses objectifs en matière de production électrique éolienne. Un retard qui peut avoir de lourdes conséquences financières.

Peut mieux faire. La cour des comptes a publié un rapport, ce mardi 17 octobre, pointant le retard de la France dans l’éolien. "Les objectifs relatifs à la production d’électricité d’origine éolienne n’ont pas été atteints", tranche la cour. Les nombreux projets qui se développent en Bretagne et dans les autres régions ne suffisent pas. Fin 2022, "les capacités éoliennes développées en France représentaient environ 80 % de l’objectif visé pour 2023." Soit 8,3% de la production électrique nationale. 

La France est "le seul pays européen à ne pas avoir atteint les objectifs de la directive de 2018". L'Etat pourrait avoir à dépenser plus de 900 millions d’euros par an de pénalités financières tant qu’il n’aura pas rattrapé son retard.

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Complexités administratives et réglementaires, "temps excessif", "documents stratégiques de façade", manque d’agilité, la cour des comptes est peu confiante sur la capacité de l’Etat de réaliser 50 parcs éoliens en mer d’ici 2050 - objectif que s’est fixé la France pour atteindre la neutralité carbone.

"L’organisation actuelle de quelques services de l’Etat en « mode projet » est en décalage avec cette ambition."

Cour des comptes

"L’Etat doit structurer une organisation à la hauteur des enjeux et être en mesure de réunir les multiples compétences nécessaires, de capitaliser l’expérience, de prendre en compte la dimension internationale, d’associer les collectivités territoriales et de contrôler l’ensemble du dispositif", plaide la cour des comptes.

Séduction des locaux et surveillance poussée de l’économie des parcs

Les magistrats mettent également en avant l’importance primordiale de "l’acceptabilité sociale de l’éolien" qui "conditionne son développement". Elle met donc en avant la compensation des externalités négatives qui "ne peut être éludée, en particulier pour l’éolien martitime au regard des zones de pêche. Elle implique de veiller aux retombées fiscales et écomiques sur les territoires."

"L’enjeu financier nécessite une surveillance de l’économie de ces parcs organisée dans la durée", précise la cour. Pour l’éolien en mer, elle demande de prévoir dans les appels d’offre "un tarif de référence au-delà duquel les recettes reviennent à l’Etat." Cela dans le but d’éviter des rentes indues si les prix de l’électricité restent élevés.