Les dépôts sauvages de coquilles Saint-Jacques, sources de pollution sur le littoral

Des tas de coquilles Saint-Jacques vides enlaidissent le cordon de galets de la plage d'Erquy, dans les Côtes-d'Armor. Pour la deuxième année, les dépôts sauvages se multiplient après les fêtes, au grand désespoir des habitués et du maire de la commune.

À la fois verrue dans le paysage, déchets et sources de putréfaction... les dépôts sauvages de coquilles Saint-Jacques vides se multiplient sur le cordon de galets de la plage de Saint-Pabu à Erquy. Un spectacle qui désole les habitués des lieux. Depuis deux ans, régulièrement, et d'autant plus après les fêtes de fin d'année, les rejets s’accumulent.

Selon le maire de la commune, Henri Labbé, ces coquilles sont le fruit de braconnage, car au vu de leur taille, elles ne peuvent pas passer par la criée. "On ne peut rien faire contre ça, déplore-t-il, on ne va pas mettre une caméra à chaque cale pour voir qui vient déverser !" 

Arrêt du traitement de ces déchets

Les problèmes se sont amplifiés quand les services de Lamballe Terre et mer n’ont plus été en mesure, pour des raisons techniques, d’assurer le traitement de ce déchet fortement chargé en calcaire.
Depuis, aux abords de la criée, une benne a bien été installée, mais le prix à payer, quatre centimes du kilo, a peut-être été dissuasif pour certains. "Il faut payer, alors ils déversent ailleurs, comme à Saint-Pabu, observe l'élu, révolté en ce début d'année. Sur toute la commune, c'est comme ça. Il y en a partout !"

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Une unité de valorisation en Normandie

Depuis des mois, la Chambre de Commerce et d'Industrie, gestionnaire des criées des Côtes-d'Armor, tente de trouver des solutions. Dans les mois à venir, une unité de valorisation devrait ainsi voir le jour en Normandie et ainsi limiter les rejets sauvages. Un projet qui va dans le bon sens, explique Yves Guirriec, le directeur des établissements gérés par la CCI 22 : "L’idée, c'est de travailler sur une solution bénéfique à tous les acteurs de la filière. En travaillant vraiment sur une filière de valorisation et en essayant de la construire ensemble sur le territoire. Ce sont des arguments forts qui feront que tous ces dépôts disparaîtront petit à petit."

La prochaine grande marée devrait nettoyer le cordon de galets, mais l’impact sur le milieu ne sera pas neutre et pourrait nuire à certaines espèces.

(Avec Jean-Marc Seigner)