Saint-Brieuc : psychose après plusieurs témoignages de tentatives d'enlèvement

Plusieurs jeunes évoquent des tentatives d'enlèvement dans le centre-ville de Saint-Brieuc. Malgré les investigations, aucun élément concordant n’a été trouvé. La police met en garde contre toute psychose. 
Depuis la mi-septembre, plusieurs parents se sont rendus au commissariat de Saint-Brieuc avec leur adolescent, pour témoigner de présumées tentatives d’enlèvement dans la rue. 

La première affaire remonte au 12 septembre. Une jeune fille, âgée de 13 ans explique à son père que ce jour-là, quand elle se rend au skatepark des Promenades vers 11 h, elle est abordée, rue Palasne de Champeaux. Un individu baisse la vitre de sa voiture pour lui demander s’il peut utiliser son téléphone portable. Elle explique alors qu'elle refuse et change de trottoir, mais, selon elle, l’homme la suit et insiste. Un homme présent à l’arrêt de bus situé juste à côté intervient, se fait insulter. L’homme s’en va à l'arrivée du bus.

Le témoin de la scène est enseignant au collège Le Braz, il a été entendu par la police, comme la jeune fille. Le père de famille qui nous a relaté l'affaire, a souhaité poster un message sur Facebook, le message à sa grande surprise a été partagé plus de 3500 fois.


Enquête de voisinage, vidéos visionnées


Le même jour, une jeune fille, qui était avec une amie, dit avoir été attrapée par le bras, par un homme, pour la forcer à monter dans une voiture. Plusieurs témoins l'auraient aidée à échapper au ravisseur présumé. La police a enregistré le témoignage, elle a fait une enquête de voisinage, a interrogé l'amie de la jeune fille qui l'accompagnait, mais les investigations n'ont rien donné. 

Le vendredi suivant, un jeune garçon qui se rend au collège décrit à son tour un homme qui arrête sa voiture à son niveau, en sort, essaie d'ouvrir la portière du passager droit qui est verrouillée, remonte dans sa voiture pour la dévérouiller. Le jeune garçon prend peur et réussit à trouver refuge dans la maison du copain qu'il devait rejoindre pour aller au collège.

Là encore, malgré les investigations et l’exploitation de la vidéosurveillance, aucun élément concordant n’a été trouvé, selon la police qui a souhaité publier un message d'apaisement sur les réseaux. C'était lundi dernier.
 
Laurence Lairet, la directrice de la sécurité publique des Côtes-d'Armor explique prendre au sérieux toutes ces déclarations. Elle ajoute que les jeunes concernés parlent de "véhicules différents" et décrivent des "individus différents", qu'il n'y a aucun témoignage concordant. Un jeune parle de voiture rouge, un autre d'une voiture blanche, d'un homme de type européen, un autre de type africain. Pour elle, il n'y a pas lieu de parler de tentative d'enlèvement. 
 

Alimenter la psychose ne rend service à personne.

Laurence Lairet, directrice de la sécurité publique des Côtes-d'Armor


Les parents qui sont en contact entre eux grâce aux réseaux sociaux, ont compté cinq faits similaires ces 15 derniers jours à Saint-Brieuc, ils ont créé un groupe Whatsapp pour échanger rapidement.

Ils souhaitent plus de transparence de la part de la police, ils ont l'impression de ne pas être pris au sérieux. Ils voudraient savoir où en sont les enquêtes. La DDSP envisage de les rencontrer. 


"La police n'a aucun intérêt à cacher ce type de faits, au contraire, nous sommes là pour protéger la population", insiste Laurence Lairet, directrice de la sécurité publique des Côtes-d'Armor

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