Saint-Brieuc : sur le viaduc du Gouët, deux policiers sauvent in-extremis un désespéré au-dessus du vide

C'est l'acte de bravoure de deux policiers puis l'intervention de plusieurs personnes qui a évité de peu que la situation ne vire au drame. 

Le drame a été évité de peu: à cet endroit il n'y a plus de filet
Le drame a été évité de peu: à cet endroit il n'y a plus de filet © Police nationale (DR)
Tout commence par un appel à Police Secours ce mardi soir à 20h30. Celle qui a composé le 17 est anxieuse : elle a reçu un message sur son téléphone d'un ami qui dit vouloir mettre fin à ses jours sur le viaduc du Gouët à Saint Brieuc. Quand le sous-brigadier Nicolas et son chef de bord Éric sont avertis par radio, ils sont en route pour une affaire de tapage. Avec eux derrière le chauffeur, il y a Pascal.

L'équipage se détourne aussitôt du centre-ville. Nicolas, au volant du fourgon, met en route le deux-tons et le gyrophare pour faire vite, sans prendre trop de risque: la nuit est tombée. En cinq minutes ils sont sur la RN12. À cet endroit le viaduc passe à 75 mètres au-dessus du vide. Ils en franchissent les 2/3 avant de trouver dans les phares deux témoins: la dame qui avait appelé et un motard qui s'est arrêté avant eux sur la piste cyclable.

Dans le noir je ne voyais d'abord rien.

Éric, brigadier-chef à Saint-Brieuc

Il y a de la circulation sur la quatre-voies. Seul Éric peut sortir sans danger côté piste cyclable. Les deux témoins lui désignent le parapet. Éric comprend la situation: le désespéré est silencieux et se tient de côté les deux pieds sur le rebord et face aux deux témoins. Le vide est à sa droite; mais on ne voit rien sous le pont, tout est dans l'obscurité. Éric s'approche dans son dos, il n'hésite pas une seconde et l'attrape sous le cou, referme sa main sur le col et renforce sa prise avec l'autre main.

"Il a aussitôt donné un coup de rein et jeté ses pieds dans le vide heureusement mon collègue lui a attrapé un bras et on l'a tenu au-dessus du vide"
Il était temps. Sans le renfort de son collègue Nicolas, Éric aurait basculé dans le vide avec le désepéré.
 

Les minutes sont longues dans ces cas-là.

Nicolas, brigadier

Mais Nicolas n'a pas eu peur, convaincu d'ailleurs qu'il y avait un filet de sécurité tout le long du viaduc. Mais le parapet fait environ 1m30, il n'y a pas de filet de sécurité à cet endroit et tous les deux ont leur bassin sur la rampe. L'homme se débat pour qu'on le lâche. La dame a saisi la lampe du policier et maintenant les éclaire.

"Nos pieds touchaient à peine le sol, raconte Éric, l'homme était assez corpulent, sans doute 80 kilos et risquait de nous entraîner. Heureusement le motard est venu à la rescousse en attrapant l'autre bras de la victime et Pascal nous a assuré en saisissant nos ceinturons. Les minutes sont longues dans ces cas-là!"

C'est la BAC qui les a sortis quelques minutes plus tard de cette fâcheuse situation. Avec trois renforts de plus, ils ont enfin pu ramener la victime du bon côté du parapet, sur le sol de la piste cyclable. L'homme se débattait toujours. Ils ont dû le menotter pour le mettre en sécurité dans le fourgon avant de le confier aux pompiers pour le transporter dans un service spécialisé.
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