Saint-Cast-Le-Guildo: un mytiliculteur met au point un moyen de protection des moules décimées par les dorades royales

Les mytiliculteurs voient la population des dorades royales augmenter. Or, ces poissons font des ravages dans les parcs à moules. En 2020, certains professionnels ont perdu les trois quarts de leur production. Mais un producteur de Saint-Cast-Le-Guildo a peut-être la solution.
Les pieux de l'exploitation de moules de Guillaume Bouchonneau avec les écarteurs qu'il a développés
Les pieux de l'exploitation de moules de Guillaume Bouchonneau avec les écarteurs qu'il a développés © G. Le Morvan - FTV

La baie de l'Arguenon dans les Côtes d'Armor. L'an passé, Guillaume Bouchonneau, comme de nombreux mytiliculteurs, perdu une bonne partie de sa production, jusqu'à 70 %. La faute aux prédateurs traditionnels, les araignées de mer, les crabes, les macreuses et les goélands, mais aussi à un nouvel ennemi, plus vorace, les dorades royales qui se multiplient dans le secteur et font de vrais carnages dans les parcs à moules.


Un prédateur hors normes

Or "les dorades, c'est un phénomène sans précédent, d'une puissance et d'une force qu'on n'a jamais vu. La dorade est capable de faire en une nuit les dégâts d'autres prédateurs en un an" explique Guillaume Bouchonneau."Que ce soit sur les chantiers de captage où sont posés nos cordes ou sur les pieux, les moules disparaissent à vu d'œil."

Et les dégâts sont énormes, car "un pieu représente 30 à 40 kilos de moules. Les lignes de pieux représentent 5 à 6 tonnes et les dorades peuvent facilement manger et mettre à nu trois ou quatre lignes lorsqu'elles débarquent en bancs d'individus de plusieurs kilos et de 60 cm de long". 
 

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Guillaume Bouchonneau explique le fléau des dorades dans les parcs à moules


La dorade possède une mâchoire puissante et des molaires en surnombre en forme de meules. Ce qui lui permet d'avoir un régime alimentaire composé de coquillages qu’elle broie facilement. Elle peut même déchiqueter les filets posés autour des pieux.
 

Un fléau difficile à appréhender

Selon le professionnel, il est difficile de se débarrasser de ce prédateur, car les dorades sont difficiles à pêcher. Les bancs ne sont pas là en permanence et attaquent à des moments donnés mais difficiles à identifier. " C'est pour cela que l'on a du mal à localiser et à combattre ce prédateur 'invisible' " explique Guillaume Bouchonneau. Un effaroucheur acoustique avait été mis au point, mais les dorades s'y sont habituées.

"On peut présager que la récolte de 2022 sera très mauvaise car cette année les naissains disparaissent sur les chantiers et sur les pieux" ajoute-t-il.

Dans le Finistère, certains mytiliculteurs ont dû mettre la clé sous la porte à cause de ce fléau.
 

La solution de l'écarteur

Pour Guillaume Bouchonneau, il devenait urgent de trouver une solution. Après une année d'essais en tous genres, le producteur a mis au point, avec son oncle Laurent Lesiourd, un écarteur pour les gaines de protection des pieux à moules. Un système qui permet de protéger les pieux tout en préservant une bonne croissance des moules. En fait, une fois la gaine écartée, la dorade et même les autres prédateurs ne peuvent plus s'en prendre aux moules et aux cordes qui sont sur les pieux.
 


Le système, appelé Mytiprotect, est fabriqué par une société d'Auray et soutenu par la Région et l'Europe. 50 000 exemplaires ont déjà été vendus.

 

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