Ses poules accusées de déranger ses voisins, cette éleveuse se bat pour sauver son poulailler

Vanessa, une éleveuse de poules rares, fait face à la pression de ses voisins qui veulent faire disparaître son poulailler. Elle est aujourd'hui menacée d'un procès. Son combat pour ses volailles suscite une forte solidarité locale. Ses voisins assurent subir une vraie nuisance.

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Vanessa est une Bretonne des campagnes qui ne se laisse pas intimider. Mais ses relations de voisinage battent de l'aile. Elle subit la pression constante de ses voisins qui veulent voir disparaître les poules de son poulailler. Le conflit s'envenime. Les voisins revendiquent une vraie gêne au quotidien.

Installée sur la commune de Lanvallay près de Dinan, dans les Côtes-d'Armor, Vanessa Flandre bénéficie d'un vent de solidarité très conséquent.

Forte solidarité avec l'éleveuse

Sa pétition, mise en ligne pour faire entendre son désarroi, a déjà recueilli plus de 61.000 signatures. "Cela me donne confiance, dit-elle. Des gens du coin viennent me voir. Ils ont entendu parler de mon histoire et sont derrière moi".

Tout a commencé en 2022 quand les voisins de Vanessa se plaignent de son poulailler situé près de leur domicile. Le couple venu s'installer en 2021 dans la commune ne supporte pas ces volailles et le lui fait savoir par un mot sur son portail.

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Conciliante, elle déplace son poulailler pour ne pas déranger ses nouveaux voisins dès 2022. Cette passionnée de poules rares fait même vérifier auprès des services de la mairie et de la chambre d'agriculture que son poulailler amateur est bien dans les règles.

Plainte potentiellement abusive

Le poulailler contient moins de 50 têtes mais Vanessa continue de subir les menaces en justice du couple qui l'accuse de "polluer leur quotidien". Des lettres d'avocat pour se plaindre de nuisances olfactives ou sonores, des passages d'huissiers pour constater les plaintes... Les voisins n'acceptent pas les demandes de conciliation et insistent sur le volet judiciaire.

Mes voisins m'accusent de vouloir faire un élevage XXL, mais je reste à ma place d'élevage amateur qui sauvegarde les races en extinction

Vanessa Flandre

Éleveuse de poules rares

"Le passage de l'huissier ne constate aucune nuisance. Ni olfactive, ni sonore, ni la présence de nuisibles, constate Vanessa, courrier à l'appui. Mes voisins m'accusent de vouloir faire un élevage XXL, mais je reste à ma place d'élevage amateur qui sauvegarde les races en extinction."

"Ils veulent imposer leur loi, souffle la Bretonne. Ils me l'ont dit. 'Tes poules, je n'en veux pas' m'a bien expliqué mon voisin". 

Les voisins assurent de leur bon droit

Le couple dénonce un élevage trop excessif et accuse Vanessa de polluer leur quotidien "sous leurs fenêtres". Pour le mari, "s'il ne s'agissait que de quelques poules, tout irait bien. Mais là c'est bien plus conséquent. Il y a des canards, des oies, des faisans, des coqs..." D'après lui, l'éleveuse n'entretient pas assez bien les espaces de vie des volailles. "Déjà un coq, cela pose des problèmes de voisinage. Mais là, il y en a parfois 4, 5 ou 6". 

Déjà un coq cela pose des problèmes de voisinage. Mais là, il y en a parfois 4, 5 ou 6. 

Le voisin de Vanessa

Selon ce dernier, Vanessa est moins dérangée que lui par ces animaux. "Les enclos sont juste à côté de chez nous. Elle habite plus loin, elle ne se rend pas compte de ce que l'on vit" affirme-t-il.

Pour ce couple, la situation est devenue trop tendue. "Des inconnus viennent devant chez nous. On veut vivre au calme. Et s'il le faut, nous irons en justice".

Bataille juridique

Dans le dernier courrier que Vanessa a reçu ce 27 mars 2024, l'avocat des voisins prévient d'une assignation en justice sous 8 jours si le poulailler n'est pas déplacé. "Déplacement qui a été fait et constaté depuis plus d'un an" lâche sidérée Vanessa.

Les services de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) suivent le dossier et ont rassuré l'éleveuse. "La plainte sera suivie attentivement m'a prévenu un responsable de leur service. Elle peut être classée comme plainte abusive. Mais chaque courrier d'avocat me coûte 400 euros" regrette Vanessa. 

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Même son de cloche pour son voisin qui s'exaspère de la tournure médiatique que prend cette affaire. "Tout le monde l'écoute, elle. Mais personne ne se rend compte de ce que l'on subit" se désespère-t-il.

Des poules en voie d'extinction

Dans le cabanon en question : des poules d'Asturies en Espagne, la Noire de Janzé (pays de Rennes), des races d'Italie ou de Sicile. "J'ai moins de 25 poules, des reproducteurs et des poussins" assure Vanessa, membre du club avicole des éleveurs de volailles de Bretagne.

Ses poules, elle les élève pour faire perdurer des races autochtones. "Je protège des poules qui peuvent disparaître. Je suis en lien avec des éleveurs passionnés de pays voisins, relate-t-elle. Chez moi, je maintiens en vie des couples reproducteurs".

Vanessa reconnaît la présence de coqs, pigeons, faisans et de canards. Certains pour la reproduction, d'autres pour sa consommation.

Si elle est convoquée au tribunal, comme le laisse entendre le courrier de l'avocat de ses voisins, Vanessa présentera son combat autant pour protéger ses volailles que pour défendre les droits des habitants des campagnes.

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