Trois cas de Covid-19 dans un centre de loisirs à Plérin : une centaine de personnes se sont prêtées à un dépistage

Trois enfants inscrits dans un centre de loisirs ont été testés positifs au Covid-19 à Plérin. Par précaution, le maire a décidé de fermer la structure jusqu'au 31 juillet. La directrice présente des symptômes.

Le laboratoire opère un prélèvement sur tous les cas contact : familles, enfants et encadrants du centre aéré
Le laboratoire opère un prélèvement sur tous les cas contact : familles, enfants et encadrants du centre aéré © Valérie Chopin / France 3 Bretagne

Les faits remontent au jeudi 9 juillet, explique Ronan Kerdraon, le maire de Plérin. Sept enfants inscrits au centre de loisirs La Citadelle présentent alors des symptômes : maux de tête, mal à la gorge. "La directrice les a isolés et leur a fait porter un masque en attendant que leurs parents viennent les chercher. On leur a ensuite dit de les garder à la maison, le temps de voir un médecin. Leur retour n'était pas possible tant qu'on n'en savait pas plus." 

Lundi 13 juillet, les résultats des analyses tombent. Les tests de trois des sept enfants dépistés sont positifs. "Par précaution, les autres enfants de leur groupe, les CE1, ont été invités à rester chez eux. Les autres ont pu revenir normalement" explique l'édile. Entre temps, Ronan Kerdraon a, comme prévu, pris contact avec l'Agence régionale de santé (ARS) pour communiquer les informations nécessaires à un dépistage plus élargi compte tenu de la situation. L'ARS préconise le confinement du groupe de CE1, de deux animateurs ainsi que de leurs familles. Elle précise que la CPAM doit prendre contact avec elles directement.
 
Sauf que ces dernières ont mis du temps à être appelées. "Elles n'ont pas eu de retour hier le 14 juillet, ni aujourd'hui [NDLR : mercredi]. Les familles appellent la mairie pour nous demander des renseignements." Ronan Kerdraon ne cache pas son exaspération et dénonce un manque de réactivité de la part de la CPAM.


Fermeture du centre de loisirs et organisation d'un dépistage

Le centre de loisirs n'accueille plus personne depuis ce mardi 14 juillet. Le maire a depuis décidé de fermer le centre de loisirs tout entier, jusqu'au 31 juillet. Il a également organisé une campagne de dépistage directement dans sa commune, en faisant appel à un laboratoire privé. "J'ai pris sur moi pour qu'ils puissent tester les familles concernées. Ce sont les agents de la ville qui ont appelé les gens pour fixer les rendez-vous." 

Ce jeudi 16 juillet, une centaine de personnes ont pu être prélevées, dont les animateurs du centre de loisirs. Le dépistage a eu lieu de 9 h à 13 h, au laboratoire Cerballiance à Plérin.
 

Les huit animateurs sont au nombre des cas contacts ainsi que la directrice. Ils sont tous placés en quatorzaine. En conséquence la commune ne pouvait plus faire fonctionner le centre. 103 familles avaient prévu de placer leurs enfants dans ce centre en juillet (près de 200 enfants). Plérin compte au total quatre centres de loisirs en juillet et trois au mois d'août.
 
La mairie a décidé de fermer le centre de loisirs jusqu'au 31 juillet.
La mairie a décidé de fermer le centre de loisirs jusqu'au 31 juillet. © Valérie Chopin / France 3 Bretagne

 

L’Assurance Maladie réagit face aux propos du maire de Plérin

Dans un communiqué de presse, la CPAM des Côtes d’Armor a souhaité un droit de réponse face aux propos du maire de Plérin remettant en cause son action dans le cadre du "Contact Tracing" concernant le centre de loisirs de Plérin.

Selon la CPAM, "trois enfants ont bien été détectés positifs dans le centre de loisirs de Plérin. La Mairie a contacté les familles concernées dès le lundi 13 juillet au soir, comme c’était son rôle de le faire auprès des parents, pour les enfants accueillis dans cette structure.

Le Contact Tracing pris en charge par l’Assurance Maladie consiste à établir les cas contacts des personnes détectées positives et à casser ainsi les chaînes de transmission du virus. Ainsi, dès qu’elle en a eu connaissance, l’Assurance Maladie a contacté un premier patient détecté positif le mardi 14 juillet dans l’après-midi. Les deux autres l’ont été le mercredi 15 juillet, ainsi que d’autres enfants du même groupe. En fin de journée, 17 familles avaient été appelées par les équipes de l’Assurance Maladie, sur les 22 répertoriées. Les contacts ont été terminés ce jour." 
[NDLR : jeudi 16 juillet]
 

La CPAM des Côtes d’Armor précise également que l’organisation des tests ne relève pas de son champ de compétences


"La CPAM réaffirme sa mobilisation pleine et entière au service de la population dans la gestion de la crise sanitaire. Les équipes de l’Assurance Maladie sont mobilisées sur le Contact Tracing depuis le 13 mai, tous les jours, week-end et jours fériés compris. Cela représente plus de 1 300 personnes suivies. Cette mission vient s’ajouter à ses missions habituelles de service public (paiement des arrêts de travail, des pensions d’invalidité, des rentes, remboursement des frais de santé, versement des dotations aux établissements de santé…).
L’Assurance Maladie est d'ailleurs restée mobilisée dès le début de la crise sanitaire et a assuré la continuité de ses missions au service des assurés sociaux du département.

L’engagement de la CPAM se traduit également au travers du dépistage populationnel mis en oeuvre en partenariat avec l’Agence Régionale de santé et les laboratoires et infirmiers libéraux de l’agglomération. Celui-ci vient de démarrer sur 5 communes du département (Saint-Brieuc, Yffiniac, Ploufragan, Langueux et Trégueux).
La CPAM des Côtes d'Armor regrette cette polémique qui n’a pas lieu d’être, dans un contexte où tous les acteurs doivent pouvoir collaborer ensemble dans l’intérêt de la population costarmoricaine."


 
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