De plus en plus âgée, la population bretonne continue d'augmenter mais plus lentement

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Écrit par Hélène Pédech
En dix ans, l'âge moyen de la population bretonne est passé de 40,8 ans à 43 ans en 2020.
En dix ans, l'âge moyen de la population bretonne est passé de 40,8 ans à 43 ans en 2020. © R. Perrin / Maxppp

Plus nombreuse mais aussi plus âgée. C'est ce qui ressort d'une étude de l'Insee sur l'évolution de la population bretonne en 2020 estimée à 3 371 000 habitants au 1er janvier 2021. Selon ce bilan démographique, dévoilé le 19 octobre, les décès continuent d'augmenter et les naissances de baisser.

Au 1er janvier 2021, la population bretonne était estimée à 3 371 000 habitants, soit 12 600 habitants de plus en un an. Avec un taux de croissance annuel de 0,4 %, la population progresse plus fortement en Bretagne qu’au niveau national, où l’augmentation a été de 0,2%.

C'est le cas pour l'arc atlantique, l'Auvergne-Rhône Alpes et le bassin méditerranéen.

Néanmoins, en Bretagne la croissance démographique continue de ralentir. 

Ainsi, l'Insee rappelle qu'entre 2011 et 2021, la population de la région a augmenté en moyenne de 0,5 % par année après une période de forte hausse entre 2001 et 2011 (+ 0,9 %).

 

La population en légère baisse dans les Côtes-d'Armor


Cette croissance est inégalement répartie sur le territoire. Sur la dernière décennie, la population de l'Ille-et-Vilaine a augmenté de près de 100 000 habitants mais celle des Côtes-d'Armor de 5 000 personnes. "Dans ce dernier département, la démographie est même en légère baisse depuis deux-trois ans," note Jean-Marc Lardoux, l'un des auteurs de l'étude.

A contrario, le Morbihan continue lui aussi de voir sa population augmenter principalement sur le littoral. 

 

Plus de décès, moins de naissances

 


En 2020, 31 000 bébés sont nés et 35 700 personnes sont décédées en Bretagne. Par conséquent, le solde naturel, c'est-à-dire la différence entre le nombre des naissances et celui des décès, est négatif. Ce déficit se creuse depuis 2015.


Les naissances ont diminué de 1,4 % par rapport à 2019. La baisse est moins forte qu'en France (- 2,5 %). En Bretagne, la natalité baisse depuis dix ans. 

La moindre fécondité des femmes et la diminution du nombre de femmes en âge d'avoir des enfants expliquent ce recul de la natalité bretonne. Alors que l'indice de fécondité était de 2,03 enfants par Bretonne en 2010, il est tombé à 1,77 en 2020. "Toutefois, cette tendance vaut pour l'ensemble de la France et même de l'Europe, notre région affiche même l'un des indices de fécondité le plus élevé", tempère Jean-Marc Lardoux.

 

Un taux de mortalité en hausse


Les décès ont augmenté de 1,3 % entre 2019 et 2020. C'est la plus faible hausse des régions françaises. L'arrivée de la génération des baby-boomers à des âges avancés contribue à augmenter le nombre de décès. Mais la diminution des taux de mortalité par âge permet de la contenir.

En 10 ans, les hommes ont gagné près de 2 ans d'espérance de vie

Aujourd'hui, les femmes bretonnes peuvent espérer 1,2 ans de plus qu'en 2010 ; les hommes ont gagné 1,8 ans. Au final, l'espérance de vie dans la région s'élève à 85,4 ans pour les femmes et 78,8 ans pour les hommes. Les Brétilliennes affichent même l'espérance de vie la plus élevée de France (après le Maine et Loire) avec 86,2 ans. "L'offre de soins, la qualité de vie environnementale, le niveau d'études expliquent sans doute cette position".

  

Un Breton sur trois a 60 ans ou plus

 

En dix ans, l'âge moyen de la population bretonne a augmenté de deux ans et deux mois. En 2020, il s'élevait à 43,0 ans contre 40,8 ans en 2010. Avec là aussi d'importantes disparités d'un département à l'autre : la population est plus jeune en moyenne en Ille-et-Vilaine (39,9 ans) que dans les Côtes-d'Armor (45 ans).

Surtout, un Breton sur trois est âgé de 60 ans ou plus en 2020. C'était un sur quatre auparavant.

Sur la dernière décennie, en particulier, le nombre des personnes âgées de 65 à 74 ans a fortement augmenté, passant de 274 000 à 427 000.

"Ce net vieillissement de la population devra être pris en compte par les politiques de maintien à domicile, d'accueil des personnes âgées dépendantes en institutions mais aussi en terme de formation et d'installation des personnels médicaux et para-médicaux", commente Jean-Marc Lardoux.

 

Un tiers de mariages en moins en 2020

 

Enfin, l’année 2020 est marquée par une baisse historique des mariages en raison de la crise sanitaire. "Nous ne disposons pas encore des chiffres de 2021 mais on peut s'attendre à un report et donc à une hausse conséquente des mariages cette année", pronostique Jean-Marc Lardoux.

En moyenne, une femme se marie en Bretagne à 37 ans, un homme à 40 ans. "Des âges relativement élevés dus aux remariages".

 

 

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