Découvertes sur la dyslexie à Rennes : "Il faut être prudent" conseille l'AAPEDYS 35

Publié le Mis à jour le
Écrit par Emilie Colin .

Deux physiciens rennais ont publié une étude sur la dyslexie dont ils pensent avoir trouvé l'origine anatomique. Leur découverte potentielle fait grand bruit dans les médias et auprès des personnes concernées. L'Association des adultes et des parents d'enfants DYS appelle à la prudence.

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Deux chercheurs français de l'université de Rennes 1, Guy Ropars et Albert Le Floch pensent avoir trouvé une cause anatomique potentielle de la dyslexie, cachée dans de minuscules récepteurs des yeux de ceux qui sont touchés par ce trouble de la lecture. Ils ont publié les résultats de leurs travaux mercredi, dans la revue Proceedings of the Royal Society B


Des associations et des professionnels de santé appellent à la prudence


Depuis l'annonce de cette publication, de nombreux médias ont fait l'écho de cette trouvaille. Du côté des personnes concernées, l'association comme l'AAPEDYS (association d'adultes et de parents d'enfants DYS) appelle à temporiser cette nouvelle. Françoise Thouvenot présidente de l'AAPEDYS 35 souligne déjà : "On ne peut pas dire qu'on peut guérir de la dyslexie. Ce n'est pas une maladie, on peut seulement la compenser."

Elle rappelle également qu'il n'existe pas une dyslexie, mais des dyslexies. Dans le cas de la dyslexie phonologique, Françoise Thouvenot ne comprend pas l'intérêt de la lampe mise en avant par les deux chercheurs rennais. "Il faudrait une démonstration." explique t-elle

Elle ne remet pas en cause l'intérêt de l'étude mais s'inquiète des effets d'annonces. "Ce qui nous inquiète c'est la manière dont les médias la présentent. J'ai vu sur une chaîne qu'on pouvait fabriquer sa lampe soi-même, ou sur une autre qu'on pourrait faire un diagnostic très précoce, ce qui n'est pas possible." Le risque pour elle c'est : "Que cela donne de faux espoirs à des familles fragilisées et surtout que ceux qui sont déjà en rééducation arrêtent tout." 

Françoise Thouvenot relève aussi que seuls 30 étudiants ont pu tester le dispositif des physiciens rennais, ce qui est très peu. 

Les différentes associations en appellent à d'autres professionnels. L'AAPEDYS attend notamment l'avis de la Fédération nationale des orthophonistes, ainsi que d'orthoptistes. 

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