Disparition: le Pr Bernard Lobel, fondateur du Cecos à Rennes et figure de la communauté juive

Publié le Mis à jour le
Écrit par Hélène Pédech

Bernard Lobel, médecin urologue au CHU de Rennes (35) et fondateur du Cecos (Centre d'étude et de conservation des oeufs et du sperme humains), est décédé. Sauvé de la déportation grâce à un couple devenu "Justes", il a présidé l'association culturelle juive de Rennes pendant plus de vingt ans.

"Bernard Lobel, sous le ciel gris de ce novembre, vient de nous quitter. Choc brutal qui a plongé dans la tristesse et la consternation la communauté israélite de Rennes (...)". C'est ainsi que l'association culturelle & cultuelle israélite de Rennes a annoncé le 18 novembre la disparition de celui qui a présidé le centre Safra pendant plus de vingt ans.

Bernard Lobel est décédé à l'âge de 79 ans.

 

"Un enfant de la guerre"



Né de parents juifs le 28 septembre 1940 à Rouen (Seine-Maritime), sous l'occupation allemande, il se définissait comme étant "un enfant de la guerre". A l'âge de trois ans, il échappe à la déportation grâce à une amie d'enfance de sa mère. Jean et Odette Chevolot, tous les deux enseignants, le cachent ainsi que son cousin. Ils y restent deux ans. En 2014,  l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Justes parmi les Nations au couple qui a sauvé les deux garçons.
 


Devenu un médecin urologue renommé



Devenu adulte, Bernard Lobel suit la voie de son père, médecin d'origine roumaine. Il devient urologue et arrive au CHU de Rennes dans les années 70. Il est l"un des premiers, en France, à mettre en route la technique de congélation, et fonde le Cecos (Centre d'étude et de conservation des oeufs et du sperme humains). Bernard Lobel crée également le comité régional de bio-éthique. Il devient chef du service d'urologie en 1980.

 

Défenseur du dialogue inter-religieux



Parallèlement, Bernard Lobel prend la présidence de l'association culturelle et cultuelle israélite de Rennes, où "il lutta inlassablement au sein de la cité pour faire de notre communauté un acteur et un partenaire de la vie civique, œuvrant notamment au dialogue inter-religieux (...)", témoigne Albert Bensoussan du centre Safra.

 

En 2002, Bernard Lobel témoigne dans L'Express au sujet de la résurgence d'actes antisémites jusque dans la petite communauté juive bretonne (estimée alors à 150 personnes): «Depuis douze ans, nous faisions partie d'un groupe interreligieux qui fonctionnait très bien, explique Bernard Lobel, médecin au CHU et président de l'Association culturelle israélite de Rennes. Nous nous sommes alors aperçus que les personnalités musulmanes se disaient dépassées par des ?éléments incontrôlables?». La préfecture imposa un escadron de gendarmerie devant la synagogue. Les riverains, apeurés, pétitionnèrent. «Il fallut les rencontrer, discuter. Les choses se sont arrangées, raconte Bernard Lobel. Nous n'avons rien connu de grave, mais venir prier sous la protection de CRS, ce n'est pas agréable.» 
 

"Irremplaçable"
 

"Bernard Lobel incarna pendant si longtemps l’âme juive de la capitale de Bretagne qu’il nous est apparu irremplaçable, et d’ailleurs jamais vraiment remplacé."

En 2008, Bernard Lobel a été décoré de la légion d'honneur.

 

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