L’édition bretonne espère tourner rapidement la page du Covid-19

Qu’ils soient éditeur, label musical ou distributeur, tous les maillons du monde de l’édition sont touchés par la crise sanitaire et les mesures de confinement. Ces structures fragiles espèrent que les ventes repartiront rapidement quand les commerces culturels pourront rouvrir.
 

Dans les entrepôts de Coop Breizh à Spézet, en centre-Finistère, une seule salariée vient chaque jour préparer les commandes passées sur le site internet. 
La moitié des 24 salariés est en chômage partiel.
Dans les entrepôts de Coop Breizh à Spézet, en centre-Finistère, une seule salariée vient chaque jour préparer les commandes passées sur le site internet. La moitié des 24 salariés est en chômage partiel. © DR
"2019 avait été une année de croissance. En janvier et en février, l’activité suivait la même dynamique, puis tout s’est arrêté." C’est ainsi que Daniel Le Teuff, directeur de Coop Breizh, résume les effets du Covid-19 et du confinement sur l’activité de sa coopérative, premier distributeur de biens culturels en Bretagne.

Dans les entrepôts de l’entreprise, à Spézet, des milliers de livres et de disques sont en stock et attendent d’être livrés dans les librairies, magasins de disques et enseignes de grande distribution.
Coop Breizh, éditeur mais aussi diffuseur, alimente 500 points de vente dans les 5 départements bretons.

Deux fois plus de ventes en ligne


Mais depuis mi-mars, une grande partie de l’activité est bloquée par les mesures de confinement. La moitié des 24 salariés est en chômage partiel et seule une personne vient sur place pour préparer les envois des commandes en ligne.
"C’est le seul élément positif, l’activité de notre site internet de vente a doublé depuis le confinement. Mais c’est loin de compenser les pertes."

Nous avons perdu environ 70% de notre activité. C’est colossal. 2020 va être une année noire.
Daniel Le Teuff, directeur de Coop Breizh

Les deux magasins de Coop Breizh, à Lorient et Quimper sont fermés. Les vendeurs sont au chômage partiel, comme les trois commerciaux qui sillonnent habituellement les routes de Bretagne. "Heureusement que leurs salaires sont en grande partie pris en charge par l’Etat, sinon cela aurait été une catastrophe totale", continue Daniel le Teuff.

L’éditeur associatif Skol Vreizh, installé à Morlaix, est lui aussi directement touché. "Nos deux salariés sont à la maison", explique son président, Paolig Combot. Leurs salaires sont pris en charge à 84% par le dispositif de chômage partiel mis en place par le gouvernement. L'association honore les quelques commandes de livres passées chaque semaine par courrier ou sur notre site internet.

N’allez surtout pas acheter nos livres sur Amazon ! Nous soutenons les libraires locaux. Il faudra retourner les voir dès qu’ils pourront rouvrir
Paolig Combot, président des éditions Skol Vreizh
 

Trésorerie 2019 et appels à la solidarité


"Heureusement, nous avons eu une bonne année 2019, avec plusieurs livres qui se sont bien vendus comme la bande dessinée « Temps de cochon en Bretagne » de Nono, Paul Burel et Hervé Lossec. Nous ne sommes pas encore en difficulté mais il ne faudrait pas que cela dure parce que nous vivons des ventes de nos livres."

L’éditeur fouesnantais Yoran Embanner, qui propose des livres en français et en breton, est dans une position plus délicate après deux mois de fermeture forcée. Il a lancé il y a quelques jours un appel à commandes sur internet.
 

De nombreux livres prêts pour l'impression


Avec la promesse d’un déconfinement, l’ensemble de la filière livres en Bretagne est résolument tournée vers l’avenir, aussi incertain soit-il. "Nous avons plusieurs livres qui sont prêts, annonce Paolig Combot. Nous n’attendons plus que la reprise  des imprimeurs pour les éditer. Les lecteurs en breton attendent notamment le nouveau tome de l’encyclopédie littéraire de Francis Favereau et le nouveau livre du géographe Yves Lebahy, sur les défis bretons, qui tient compte de l’épidémie de Coronavirus dans une postface récemment écrite."

"Tout le monde attend la reprise pour faire paraître les livres qui étaient prévus en mars, avril et en mai, renchérit Daniel Le Teuff. Il faudra être vigilants pour éviter l’embouteillage. Coop Breizh va discuter avec ses éditeurs partenaires pour que tous les livres soient bien mis en valeur. On reportera des sorties s’il le faut."

Des touristes affamés de culture ?

Les éditeurs espèrent un afflux de vacanciers cet été pour compenser, un peu, l’annulation des festivals. "Pour un éditeur qui met en valeur la culture bretonne et le patrimoine, comme nous, le festival Interceltique ou celui de Cornouaille, annulés cette année, sont des rendez-vous importants d’habitude", ajoute Daniel Le Teuff.
 

Avant de conclure : "J’ai confiance en l’avenir. Nos équipes connaissent bien leur métier et sauront se réinventer. Tout le monde est motivé pour reprendre et continuer à mettre en valeur les artistes et les auteurs de Bretagne."
 
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