Enquête « +1,5°C » en 2040 : risque à crues en Bretagne

Gérard, Chantal et Didier habitent au bord de l’eau. Ils sont souvent inondés, mais hors de question de partir. Pourtant, avec le dérèglement du climat, les crues s’enchaînent. Enquête des étudiants en journalisme de Sciences Po Rennes sur le douloureux apprentissage de la culture du risque.
© Sciences Po Rennes
Risque à crues
Décembre 2019, à l'approche de Noël. Parti de Rennes, notre TER file au travers des pâtures, le long de la Vilaine. Il traversera bientôt les gares de Guichen, Pléchâtel, Messac-Guipry… On s'ennuie. On regarde par la fenêtre. C'est peut-être le blues de l'hiver qui parle, mais on a l'impression qu'il pleut sans discontinuer depuis le début du mois. La Vilaine est d'humeur sombre elle aussi. Le fleuve est sorti de son lit. Les arbres des derniers bocages ont les racines immergées. À l'approche de Redon, nous traversons ce qui paraît être un lac éphémère : les prairies sont complètement inondées.

Toute la presse régionale s'est saisie du sujet. « La Vilaine en crue à Guipry-Messac. Des riverains évacués », signalait France 3 Bretagne, le 21 décembre. Le jour suivant, l'attention se tournait vers la ville de Quimperlé, « épargnée grâce à des barrières anti-crues ». Le 26, le Morbihan et l'Ille-et-Vilaine étaient toujours placés en vigilance jaune par Météo France. À Guipry-Messac, quelques-unes des familles évacuées ont passé leur Noël dans le réfectoire de la Maison familiale rurale : parmi eux, Guy et Chantal, amoureux de l’eau et désormais habitués des crues. À l'instar de ce couple de Guipryens, de nombreux Bretons sont établis dans des Territoires à risque important d'inondation (TRI). Trois zones sont identifiées : le sud du Finistère, le long des rives de la Laïta ; la « Vilaine médiane », de Rennes à Redon ; et Saint-Malo et la baie du Mont Saint-Michel. Soit 91 communes, 73 000 habitants et 69 000 emplois. Ça en fait, des personnes concernées.

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« +1,5°C », la Bretagne dans l'urgence climatique

+1,5°C à la surface de la terre à l’horizon 2040. Ce degré supplémentaire pourrait bien changer notre mode de vie.

Nous sommes quatorze étudiant·e·s en journalisme à Sciences Po Rennes et, pendant trois mois, nous avons mené l’enquête. Nous avons sillonné la Bretagne, de Guipry-Messac à Brest, de l’Île-Tudy à Saint-Malo, nous vous avons rencontré·e·s pour comprendre comment l’on vit l’impact du réchauffement climatique aujourd’hui, et comment on le vivra demain.
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