Appel à travailler dans les champs : qu'en est-il en Bretagne ?

La Bretagne est pour l'instant moins impactée que les régions viticoles et arboricoles. / © Maxppp
La Bretagne est pour l'instant moins impactée que les régions viticoles et arboricoles. / © Maxppp

Le ministre de l'Agriculture appelle les Français sans activité à prêter main forte aux agriculteurs, en manque de main d'oeuvre en période de coronavirus. Moins impactés, les producteurs bretons peuvent compter sur les travailleurs et saisonniers locaux.

Par J. Jeunemaître


En pleine période de confinement, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a invité ce mardi 24 mars, les Français au chômage partiel à "rejoindre la grande armée de l'agriculture française." 

Un appel au travail dans les champs, pour la récolte de fruits et légumes et la plantation des semis, pour ainsi pallier le manque de main d'oeuvre durant l'épidémie de coronavirus. Selon le ministre "200 000 emplois directs" sont à pourvoir. 

Le message est relayé par la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). 
 

 Mais la Bretagne est-elle concernée ? 


L'appel concerne surtout les régions du sud de la France


"Le manque de main d'oeuvre est moins ressenti actuellement en Bretagne car nous ne sommes par encore au plus haut de l'activité maraîchère, explique Thomas Ligavan, chargé de l'emploi-formation à la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles (FRSEA). La charge de travail agricole va monter en puissance entre avril et juillet et peut-être à ce moment là, pourrons-nous craindre une défection."
 

L'appel national résulte surtout d'une pression des régions viticoles et arboricoles, quant à leur capacité à réaliser ou non le travail saisonnier.


Ces territoires, principalement du sud de la France, comptent également sur une main d'oeuvre issue de pays frontaliers comme l'Espagne ou les pays du Maghreb, "qui ne peuvent plus aujourd’hui circuler librement, compte-tenu de l’épidémie qui nous frappe", indique un communiqué du ministère. 

La Bretagne en revanche "dépend moins d'une main d'oeuvre étrangère", rappelle Thomas Ligavan, mais d'une main d'oeuvre locale.

Malgré les inquiétudes, les travailleurs bretons répondent pour l'instant présent. Même "les saisonniers habituels", venus en renforts pour la plantation des échalotes dans les champs de Georges Guézenoc, producteur légumier à Kerlouan (Finistère). 
 

"Le manque de main d'oeuvre est une problématique quotidienne"


Pourtant, les producteurs bretons sont toujours à la recherche de renforts, coronavirus ou non. "Nous sommes en mesure de récolter, mais le déficit de saisonnier cette année est le même que les années précédentes", constate Marc Keranguéven, président de la coopérative Sica et agriculteur à Lannilis (Finistère).

"Le manque de main d'oeuvre est une problématique quotidienne, insiste France Cassignol, directrice de la FDSEA du Finistère.
 

Nous espérons à présent que l'épidémie et la période de confinement ne seront pas une difficulté supplémentaire pour les producteurs. - France Cassignol


Plus que le travail, les agriculteurs s'inquiètent surtout pour les ventes suite à la fermeture des marchés et "des habitudes de consommation perturbées", confie Georges Guézenoc. "Les producteurs de pommes de terre et de fraises sont très impactés", signale Marc Keranguéven. 
 

La Bretagne n'est donc pas le territoire le plus en besoin, en temps de coronavirus, mais les producteurs apprécient la bonne volonté des Bretons, et les messages de soutien qui "font chaud au coeur" de Georges Guézenoc.
 

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