Finist’Air : un nouveau pilote dans l’avion

Avion Cessna de la compagnie aérienne Finist'air.
Avion Cessna de la compagnie aérienne Finist'air.

Charles Cabillic, un entrepreneur brestois fondateur du groupe W3, a racheté la Finist’Air. Dotée d’un unique avion, cette compagnie aérienne assure la desserte quotidienne d’Ouessant. L’offre de destinations pourrait s’enrichir dans les prochaines semaines.
 

Par Antonin Billet

La Finist’Air, c’est le poids mi-mouche des compagnies aériennes.

La flotte est composée d’un seul avion : un Cessna Caravan, d’une capacité de neuf places. Sept personnes y travaillent : 2 pilotes, 2 hôtesses et 3 techniciens de maintenance.

La compagnie transporte 6 000 passagers par an, 120 tonnes de fret dont 50 tonnes de courrier.

C’est du léger, donc. Mais le service rendu est d’importance : cette compagnie assure la desserte de l’île d’Ouessant. Deux aller-retour quotidiens en semaine, et un aller-retour le samedi.

La Finist’Air a été créée en 1981 par le conseil départemental du Finistère, sous la forme d’une société d’économie mixte. L’idée était de de désenclaver l’île d’Ouessant, de la relier au continent par les airs, en plus des liaisons maritimes.

Loi NOTRe oblige, le conseil départemental se sépare de sa compagnie aérienne. la compétence "transports" étant désormais dévolue au conseil régional.

C'est Charles Cabillac, un entrepreneur brestois, qui a racheté Finist'air. Il a fondé de multiples entreprises du numérique (voir encadré ci-dessous). L'homme est aussi un passionné d'aviation.

"J'ai découvert l'aérien en pilotant, pour mon loisir. C'est une passion. J'ai d'ailleurs créé une entreprise de réservation d'avions et de pilotes, une sorte de booking.com de l'aviation. 

Les compagnies aériennes sont des entreprises à l'économie fragile.Financièrement, Finist'air n'est pas viable à l’heure actuelle.

J'ai donc proposé un vrai projet. Un nouveau modèle économique utilisant les outils numériques et permettant de désenclaver les territoires.

L'ère des gros avions de lignes avec des services standardisés touche à sa fin. Je crois à une aviation basée sur des petits avions. Avec des vols à la demande
", explique Charles Cabillic, le nouveau propriétaire.  


Le plan de vol s’élargit


A l'avenir, Finsit'Air continuera de proposer des vols réguliers vers Ouessant, Délégation de Service Public oblige. 

La création d’une ligne régulière Brest-Nantes est aussi à l’étude. Un second avion est venu enrichir la flotte début mai : un Cessna Grand Caravan, d’une capacité de neuf places.

D'autres vols auront une fréquence plus ou moins régulière ou seront accessibles à la demande : des liaisons de Brest vers les autres îles de la région et les îles anglo-normandes (Belle-Île, Ile d’Yeu, Jersey, Guernesey), par exemple.

"Plus de 400 aérodromes en France sont accessibles. On pourra donc réserver un vol neuf places pour passer un week-end à deux familles à la Rochelle, par exemple. C'est extrêmement souple.

Nous allons aussi proposer des vols de découverte, un survol de la Bretagne. Et puis développer des activités de formation au pilotage, à la maintenance aéronautique"
, explique Charles Cabillac.
 

De l'électricité dans l'aile


Un nouveau modèle économique et un nouveau carburant. Car le transport aérien écologique, c’est aussi l’avenir de Finist’Air, selon Charles Cabillic.

« Nous pensons que l’aviation légère sera un laboratoire formidable de l’aviation du futur.

Nos « petits avions » sont d’ores et déjà beaucoup moins impactants que les gros. Ils seront aussi les premiers à bénéficier de la transition vers l’hybride ou le 100% électrique.

Fin mai, un premier Cessna Grand eCaravan entièrement électrique volera aux Etats Unis »
.
 

C'est quoi, le groupe W3 ?

Cette structure regroupe diverses entreprises créées par Charles Cabillic, le fondateur.

On y retrouve West Web Valley, un fonds d’investissement de 35 millions d’euros pour financer des start-up, la plateforme d’entraide entre particuliers Allovoisins, des formations au numérique avec la Digital School...
 
Dans le monde de l’aérien, le groupe W3 développe deux entités : Air Affaires, plateforme de mises en relation entre avions légers, pilotes et passagers. Une sorte de Booking.com, version avions.

Et, désormais, Finist’Air, compagnie aérienne bretonne.
 

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