Finistère. Des animaux coincés dans la vase après l'assèchement de l'étang de Kerlouan

A Kerlouan dans le Finistère, un collectif se bat pour la remise en eau d'un étang. Les 21 et 23 avril derniers, deux chevreuils étaient restés prisonniers de la vase alors qu'ils venaient s'abreuver. Ce dimanche 25 avril, une pétition a circulé sur le marché.

Les pompiers ont dû aller secourir deux chevreuils incapables de se dégager de la vase. L'un d'eux est mort.
Les pompiers ont dû aller secourir deux chevreuils incapables de se dégager de la vase. L'un d'eux est mort. © Bruno Massez

Après l’enlisement de deux chevreuils cette semaine à Kerlouan, une pétition a circulé ce dimanche 25 avril sur le marché. Alors qu’ils venaient s’abreuver à l’étang du Pont, ces chevreuils ont été piégés dans la vase. L’un est mort, l’autre a pu être sauvé. Alors ce dimanche, les signataires demandaient une fois encore la remise en eau de cet étang.

© Catherine Aubaille-France Télévisions

 

Un casse-tête européen

Une question épineuse qui fait perdre son latin aux meilleures volontés du monde. D’un côté il y a cet étang du Pont, retenue d’eau qui alimentait un moulin qui ne fonctionne plus depuis 2012, mais où les animaux viennent boire depuis des centaines d’années.

De l’autre des directives européennes imposant une continuité écologique. En d’autres termes, les organismes vivants, entre autres les poissons  migrateurs doivent pouvoir descendre et remonter une rivière au gré de leur cycle de vie (reproduction…). Les vannes du moulin doivent donc restées ouvertes en permanence pour permettre le passage des poissons si on applique cette directive.

Mais, bien que cette directive européenne ait vu le jour pour sauvegarder la biodiversité, elle n'est pas sans conséquences sur l'environnement. Sur l’étang du Pont, l’ouverture permanente des vannes a diminué la quantité d’eau, rendant son accès plus compliqué aux mammifères. D’où ce risque d’enlisement quand ils viennent boire.

L'étang servait de filtre naturel et préservait la baie de Trésseny

Bruno Massez et son collectif sont vent debout contre la décision de la préfecture et demande la fermeture des vannes pour que le niveau d’eau remonte dans l’étang.

"Il sert aussi de filtre naturel car le Quillimadec est chargé en nitrates et en phosphate quand il arrive dans l’étang. Il retenait aussi des bactéries avant que toute cette eau du Quillimadec ne poursuive sa route vers la baie de Guissény", abonde Bruno Massez.

Par ailleurs, le collectif soupçonne les poissons d’emprunter un autre circuit, celui d’un lit mineur du Quillimadec. Auquel cas toute cette polémique n’a pas de raison d’être.

© Catherine Aubaille-France Télévisions

 

La communauté de communes, propriétaire de l'étang, assure vouloir trouver une solution

Ce dimanche, Claudie Balcon, présidente de la Communauté de communes de Lesneven-Côte-des-Légendes (CLCL), propriétaire de l’étang a rencontré les opposants. Elle a assuré prendre contacts avec le préfet du Finistère dès ce lundi 26 avril : "Il faut gérer l’urgence. On a un problème de chevreuils qui s’enlisent dans l’étang donc l’idée c’est de protéger avec des fils électriques et de remettre en eau cet étang temporairement."

"Ensuite viendra le temps de la réflexion, poursuit-elle. Il faudra trouver une solution pérenne avec le collectif et en tenant compte des budgets et des différentes réglementations."

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