Recyclage : des bateaux en fin de vie évacués de l'île de Sein

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Écrit par Claire Louet

Opération exceptionnelle ce mardi 20 avril sur l’île de Sein. 12 bateaux de plaisance ont été évacués par le Molenez, le cargo de la compagnie maritime Penn ar Bed, chargé du frêt avec les îles de la mer d'Iroise.

Le grand déballage sur les quais

Le plus grand mesure 7 mètres 70. Le plus petit 2 mètres 50. Sur le terre-plein du port, 12 navires de plaisance et annexes acheminés avec le charriot-élévateur de la mairie attendent d’être grutés sur le Molenez. "Avec les cinq premières unités du mois de février, cela représente 17 bateaux abandonnés par leurs propriétaires qui quittent la zone du Lenn, devant le terrain de foot, où ils étaient stockés", commente le maire de l'Ile de Sein.  Il s'agit en effet de la deuxième opération de ce genre. Le 23 février dernier, 5 embarcations avaient fait la même traversée vers un centre de recyclage des déchets à Brest. 

 

Ce sont principalement des bateaux en composite, à l’exception de quelques petits canots en bois. Seuls sont éligibles, les navires de plaisance ou de sport. Les bateaux de pêche bénéficient d’autres programmes.  



Une grande première

La municipalité prépare ce déménagement hors norme depuis novembre dernier avec le Parc Naturel Marin d’Iroise. "L’association des plaisanciers de l’île nous a aidés à retrouver les propriétaires et à les convaincre de faire les démarches administratives de déconstruction de navires en mairie." Sans leur accord, impossible en effet de procéder à la démolition des biens. La procédure consiste à retirer l’immatriculation de chacune des embarcations enregistrées auprès des Affaires Maritimes.

 

 

Facture indolore pour les propriétaires

À titre exceptionnel, parce que ce sont des îles, le Parc Marin a financé le transport. Car si depuis 2019 et la mise en place de la filière de déconstruction, la destruction est gratuite, l’acheminement en revanche reste à la charge des particuliers.

"Compte-tenu du surcoût économique et des contraintes logistiques, liés à l’insularité, le Parc Marin a pris en charge le montant du transport et la compagnie maritime Penn ar Bed a joué le jeu en proposant des tarifs exceptionnellement bas", explique Nina Cudennec, chargée de mission au Parc. "Nous avons reçu des financements européens pour cela, notamment dans le cadre du programme PPP, « Preventing Plastic Pollution » qui a pour objectif de réduire les impacts de la pollution plastique dans l’environnement marin."

Après deux heures de traversée, les épaves sont directement déchargées dans le bassin n°5 du port de commerce de Brest où se trouve l’entreprise Les Recycleurs Bretons, habilitée par la filière de déconstruction. Les vieilles coques plastiques y seront démantelées et recyclées.

 

D'autres opérations prévues

Cette opération ponctuelle va se renouveler à Molène dans quelques jours où 14 vieux bateaux de plaisance et un dériveur seront rapatriés sur le continent pour y être déconstruits. Puis ce sera au tour de l’île d’Ouessant qui va lancer un appel aux particuliers afin de recenser les épaves à traiter dans quelques mois.  Les Iles de Batz et d’Yeu sont également intéressées par la démarche, mais elles ne se trouvent pas dans le périmètre du Parc Marin d’Iroise.

 

Grâce à ce programme, le terrain du Lenn à l’île de Sein est débarrassé de ses encombrants déchets. La zone de près d’un hectare, inondable et inconstructible, va être réhabilitée. "Il est prévu d’y reconstruire des petits murets", explique le maire Didier Fouquet. "Cela restera une zone de stockage à destination des artisans et des particuliers car on en a besoin pour mener à bien tout un tas de travaux. Mais cela beaucoup plus propre et agréable qu’auparavant. Peut-être qu’un jour de petits jardins potagers pourraient y être aménagés comme autrefois."

Une idée d’autant plus séduisante que les lieux bénéficient d’une vue imprenable sur l’océan et offrent un spot exceptionnel pour y admirer les couchers de soleil !

 

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