Histoire d'amour et de Covid. Sandra s'est confinée dans son camping-car pour protéger les siens

Publié le Mis à jour le
Écrit par S.B. avec Florence Malésieux

Devant la maison familiale, les voisins voyaient de drôles d’allées et venues autour du camping-car. Les premiers jours, ils ont pensé que les vacances se préparaient. Et puis, devant le défilé de plateaux-repas, ils ont découvert que Sandra s’était installée dans celui qu’elle appelle tendrement le fourgon pour préserver sa petite famille du Covid.

C’était une idée de sa fille, lancée sur le ton de l’humour : "Si quelqu’un attrape le Covid, il ira dans le camping-car !" Et puis, il y a quelques jours, Sandra a senti les premiers picotements dans la gorge, des douleurs, de la fatigue… et, bien évidemment, son test Covid a viré !

"En fait, je ne me suis pas posée la question, remarque Sandra Chenet, je me suis installée dans le fourgon. Je ne voulais surtout pas contaminer les miens et comme ce variant est très contagieux, je me suis isolée. Si j’étais rentrée dans la maison, il y aurait eu des risques."

Sandra travaille dans les laboratoires d’analyse de l’hôpital de la Cavale Blanche à Brest. Les saletés de virus elle connait. "Ça s’est fait spontanément pour limiter la propagation, et grâce au fourgon, personne dans la famille n’est tombé malade", se réjouit-elle.

Voyage en "Covidie"

En quelques instants, l’espace de vie de Sandra s’est réduit à quelques mètres carrés dans ce véhicule plutôt destiné à des moments plus joyeux. 

"Mon mari a branché l’électricité sur la maison parce que la nuit, surtout quand on est malade, il faisait un peu frais", raconte Sandra. Les premiers jours, secouée par l'infection, elle a beaucoup dormi et puis la vie s’est organisée.

Noisette, l’un des deux chats de la maison a rejoint Sandra. "Elle a senti que je n’étais pas bien. Elle est arrivée dans le fourgon et y est restée les sept jours du confinement. Evidemment, elle, elle avait le droit de sortir, mais elle revenait pour se mettre à mes pieds et dormir avec moi." La petite chatte est venue spontanément adoucir la solitude.

"Madame est servie !"

Les premiers jours, Sandra a grignoté les quelques réserves du fourgon, "je n’étais pas bien, et donc je n’avais pas faim du tout", confie-t-elle. Et puis, quand elle a repris un peu de forces et retrouvé l’appétit, son mari s’est mis au fourneau.

Au menu, ce mercredi soir, crevettes, riz rond sauce nuocmam et spaghettis de carottes et courgettes.


Pour garder ses distances avec le virus, il livre les plateaux repas par la fenêtre du camping-car. "Madame est servie !"

"Il me chouchoute, il est aux petits soins, sourit Sandra, il m’a même apporté des fleurs."

Il y a quelques jours, leur fille a fêté ses 15 ans dans une maison exempte de tous microbes. 'Il a filmé pour que je participe un peu à l’anniversaire. Il s’occupe vraiment bien de moi.'

Un périple immobile

Les journées de Sandra défilent lentement. Un autre rythme s’installe. Un peu de musique, quelques infos, heureusement, le camping-car est bien équipé, les heures s’écoulent paisiblement. 

"Mon fils m’a acheté un cahier de vacances pour adultes et ma fille m’a amené de l’aquarelle, raconte Sandra touchée par toutes ces attentions. Ça permet de s’évader un peu."


En s’isolant ainsi, Sandra protège sa famille qui le lui rend bien. Si le Covid est contagieux, l'amour et la générosité le sont aussi. 

Des envies de poudre d’escampette

Après sept jours d’isolement, le confinement se termine samedi. Sandra va retrouver les siens, sa maison, son lit… son travail aussi et quitter son camping-car.

"Les quelques jours dans le fourgon, je ne les ai pas vécus comme une prison, mais comme une protection.  C’est notre petite maison extérieure, un petit morceau de notre foyer qu’on emmène partout et là, il m’a montré qu’il pouvait aussi nous protéger."

Mais Sandra sait que bientôt, le fourgon retrouvera sa véritable mission, les aider à prendre la poudre d’escampette pour les emmener en vacances, se retrouver tous ensemble et oublier ce fichu coronavirus.

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