Réforme des retraites. Pas de blocage des épreuves du bac en Bretagne. "On a bien stressé quand même"

Des actions de mobilisation contre la réforme des retraites ont émaillé le lancement des épreuves de spécialité du baccalauréat, ce lundi 20 mars. Piquets de grève, barrages filtrants, distribution de tracts n'ont toutefois pas empêché les 26.000 lycéens bretons de passer leur examen.

Ce lundi 20 mars, devant le lycée Kerichen, à Brest, à quelques minutes du coup d'envoi des épreuves de spécialités du baccalauréat - qui se tiennent pour la première fois en mars -, les élèves de terminale constatent, avec soulagement, que les entrées de l'établissement ne sont pas bloquées par les opposants à la réforme des retraites.

Déjà "stressés" par l'examen, ils ne cachent pas que recevoir, la veille au soir, un message de leur lycée assorti d'un plan du site, en cas de nécessité, a fait monter l'inquiétude d'un cran. "Personnellement, dit cette élève venue passer son épreuve de management, ça m'a mis un coup de stress de ne pas savoir si le lycée serait bloqué ou pas. Déjà que l'on doit passer le bac en mars, alors que certaines classes n'ont même pas eu le temps de boucler le programme, c'est compliqué".

Une autre lycéenne explique être arrivée plus tôt que prévu, ce lundi, "vu qu'il y avait des blocages aux entrées de Brest". Selon le rectorat de Rennes, devant lequel une cinquantaine d'enseignants est venue manifester en début d'après-midi, "les épreuves se sont déroulées sereinement".

26.000 candidats au bac en Bretagne

Pour le ministre de l'Education, Pap NDiaye, "les choses se sont passées au mieux" dans les lycées français où 536.000 élèves, dont un peu plus de 26.000 en Bretagne, étaient attendus pour ces premières épreuves anticipées du bac, rappelant au passage "qu'il est interdit de bloquer un établissement scolaire, que ce soit en période d'examen ou en période ordinaire".

Le ministre de l'Education avait indiqué, en fin de semaine dernière, qu'il mobiliserait "des surveillants supplémentaires", et que "les dispositions nécessaires ser(aie)nt prises pour permettre l'accès des candidats aux centres d'examens", face aux menaces de grève.

Des syndicats enseignants, dont le Snes-FSU, la CGT Educ'action, la Fnec-FP-FO et SUD-Education avaient appelé "tous les collègues à décider de la poursuite de l'action" contre la réforme des retraites et de "la mobilisation pendant les épreuves de spécialité, y compris par la grève des surveillances là où cela est possible".

"Le bac en mars, une aberration pédagogique"

Ce lundi matin, les enseignants en grève se sont postés devant les grilles du lycée Kerichen, pendant que d'autres opéraient un barrage filtrant avec distribution de tracts sur un rond-point proche de l'établissement. "On ne va pas empêcher les candidats de passer leur examen, indique Damien Davy, de SUD-Education. Si l'administration ne trouve pas des personnels pour assurer la surveillance des épreuves, tant pis pour elle. Ils n'avaient qu'à les reporter, comme les années précédentes, plutôt que de s'entêter à faire passer le bac en mars, ce qui est une aberration pédagogique".

Marie Dagnaud, de la CGT Educ'action, souligne, quant à elle, "l'intention de l'Education nationale de faire appel à des AESH (accompagnant d'élève en situation de handicap, NDLR) pour surveiller le bac en leur proposant des heures supplémentaires. C'est assez ironique, ajoute-t-elle. Alors que le reste de l'année, il n'y a pas d'argent pour ces personnes qui gagnent 860 euros par mois, là, on en trouve".

(Avec Muriel Le Morvan et AFP)

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