Stade Brestois. "Je n'ai pas de baguette magique", affirme Eric Roy, mais la magie opère

Pour la 23ème journée de championnat, Brest se déplace ce 24 février à Strasbourg. Actuel second du championnat de L1, le Stade Brestois charme autant par son jeu et ses résultats.

Grimpé à la deuxième place du classement de la Ligue 1, avant d'aller défier Strasbourg, ce samedi 24 février, pour la 23e journée, Brest récolte les fruits d'un travail collectif et minutieux mais qui ne tient souvent qu'à un fil.

"On ne joue plus le maintien, on a rempli le premier objectif", pouvait pavoiser, dimanche dernier, Eric Roy après la victoire (1-0) en toute fin de match contre Marseille qui a propulsé Brest au poste de dauphin d'un Paris SG doté de 13 longueurs d'avance.

Pour le 4e plus petit budget de Ligue 1, un tel constat, dès la 22e journée, relève de l'exploit. Il l'est encore plus quand on se souvient qu'il y a un peu plus d'un an, les Finistériens semblaient bien mal engagés pour garder leur place dans une élite qui allait passer de 20 à 18 clubs.

L'arrivée sur le banc de Roy correspond à l'embellie brestoise, mais le technicien n'est pas homme à tirer la couverture à lui."Je n'ai pas de baguette magique, je n'ai pas de secret", a-t-il assuré après Marseille. Si aujourd'hui son équipe charme par son jeu autant que par ses résultats, c'est dans la difficulté qu'elle s'est forgée.

Un groupe soudé dans l'opération maintien 


"On a construit des choses déjà dans l'opération maintien où on a fait une très, très bonne deuxième partie de saison", a-t-il souligné, le Stade Brestois ayant engrangé 29 points pendant la phase retour l'an dernier, presque le double de son total de la phase aller (15).

Encore fallait-il bien gérer l'intersaison, et c'est là qu'intervient le deuxième homme fort du club, le directeur sportif Grégory Lorenzi qui a dû composer avec des moyens limités pour maintenir la dynamique."Il y a plus de 12 clubs qui ont investi plus de 10 millions d'euros dans les transferts (l'été dernier, en Ligue 1). Ce n'est pas parce qu'on investit qu'on a forcément des résultats sur le terrain", avait-il souligné à la fin du mercato hivernal où Brest a su garder Lilian Brassier et Pierre Lees-Melou, deux cadres convoités.

"L'été dernier, vendre était vital. La vente de Franck (Honorat) était prévue pour ça (10 M EUR à Mönchengladbach). Cet hiver, on n'avait pas ce besoin-là. On s'est donc senti sereins et on a pu résister aux offres", a-t-il souligné.Deux autres titulaires habituels ont pourtant fait leurs valises à l'été, le latéral Jean-Kévin Duverne et le milieu axial Haris Belkebla.


De belles prises cet été 


Pour compenser ces départs, Brest a dépensé en tout et pour tout 3,5 millions d'euros lors des deux dernières fenêtres de transfert, avec deux belles prises: Mahdi Camara dont le prêt par Saint-Etienne a été rendu définitif et qui brille souvent aux côtés d'Hugo Magnetti, et Lees-Melou dans l'entrejeu, ainsi que Bradley Locko, révélation au poste d'arrière gauche.

Si on ajoute à cela quelques prêts bien sentis, comme Kamory Doumbia, venu de Reims, ou Martin Satriano, prêté par l'Inter Milan, l'effectif construit par Lorenzi a fière allure.Certains joueurs déjà présents ont aussi considérablement haussé leur niveau.

"Romain Del Castillo a pris son leadership. Pierre Lees-Melou avec un an de plus se fond de mieux en mieux dans le collectif et c'est aujourd'hui un garçon qui ressort au-dessus de tout le monde", a cité en exemples Lorenzi.

Cet été, entre les prêts qui s'achèveront et les appétits de rivaux, Brest aura encore bien du pain sur la planche pour conserver ou rebâtir ce groupe qui semble avoir atteint son rythme de croisière. Mais, si on se refuse encore à parler d'Europe dans le Finistère, on sait très bien que plus le club finira haut, moins la tâche sera compliquée.