VIDÉO. Près de Brest, une association donne une seconde vie aux bateaux abandonnés sur les côtes de Bretagne

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En Bretagne, près de 400 épaves ont été recensées entre juin et décembre 2022 sur nos côtes. ©© FTV

En Bretagne, près de 400 bateaux abandonnés ont été recensés entre juin et décembre 2022. Depuis 2019, l’Association pour la plaisance éco-responsable a pour mission de recycler ces bateaux. Comment sont recyclés les matériaux issus de ces bateaux ? C'est la question du jour, sur laquelle s'est penchée France 3 Bretagne.

Plusieurs milliers de bateaux en fin de vie ou laissés à l’abandon seraient échoués dans les ports de Bretagne, le long des canaux ou même dans les jardins des particuliers. Dans la région, près de 400 épaves ont été recensées entre juin et décembre 2022 sur nos côtes.

Depuis 2019, l’Association pour la plaisance éco-responsable (APER) a en charge le recyclage de ces navires de loisirs. Le rythme de déconstruction s’accélère dans notre région, avec une dizaine de centres de traitement agréés sur tout le territoire. Mais comment sont recyclés les matériaux issus de ces bateaux abandonnés ? 

Vérifier la présence de matières interdites dans le bateau

Le centre de déconstruction navale a récemment reçu un voilier de huit mètres construit en 1980. Il a subi des dégâts importants pendant la tempête Ciaran en novembre 2023, et son propriétaire souhaite s’en séparer.

Le navire va donc terminer sa vie dans un centre situé près de Brest, en vue d'être recyclé. Mais avant de le déconstruire, les opérateurs doivent réaliser une première phase de contrôle à bord. "Vérifie s’il n’y a pas de matières dangereuses et interdites, type bouteilles de gaz ou fusées de détresse, dans le bateau", lance à son collègue Alice Cren-Larvor, responsable éco-organismes chez les Recycleurs bretons.

Puis c’est au tour de la pince de démolition d’entrer en scène. L’ensemble du voilier doit être soigneusement disséqué. L’opérateur procède à une première phase de tri des matériaux qui composent le bateau. "D'abord, on trie sur place. Ensuite, dans nos installations, un second tri va permettre d'affiner et de valoriser au maximum [les déchets] à travers le recyclage et la valorisation énergétique", précise Alice Cren-Larvor.

Métaux, bois ou encore fibre de verre... Tous les éléments sont ensuite répartis puis pesés dans différents conteneurs pour assurer la traçabilité.

Le combustible solide de récupération est expédié vers des chaudières de co-génération en Europe du nord et enfin le bois est dirigé soit vers des panneautier pour refaire des panneaux de particules ou soit vers des chaudières en co-génration

Alice Cren-Larvor

responsable éco-organismes chez les Recycleurs Bretons

Aujourd'hui, près de 73% de ces composants sont valorisés, y compris les matériaux composites comme le polyester ou la fibre de verre présents dans la coque des bateaux. Cette matière est ensuite acheminée vers un centre de tri haute performance pour être transformée en combustible solide de récupération destiné à alimenter des cimenteries.

Alice Cren-Larvor détaille : "Les métaux sont recyclés vers les aciéries pour être refondus et reformés en de nouvelles matières. Le combustible solide de récupération lui est expédié vers des chaudières de co-génération en Europe du nord et enfin le bois est dirigé soit vers des panneautiers pour refaire des panneaux de particules, soit vers des chaudières en co-génération pour chauffer des établissements ou produire de l'électricité".

L'impact environnemental du bateau

Grâce à la mise en place de cette filière, près de 10 000 bateaux au niveau national ont pu être recyclés, près de dont 4 000 en Bretagne. Le démantèlement est pris en charge gratuitement par l’éco-organisme de l’APER. Seul le transport reste à la charge des propriétaires.

Cette filière est aujourd’hui financée en grande partie par une éco-contribution collectée auprès d’une centaine d’entreprises qui commercialisent les bateaux. "On est la seule filière en Europe et au monde, à offrir la gratuité de la déconstruction des bateaux pour les détenteurs, les collectivités et les professionnels qui, sans cette gratuité, laisseraient leurs bateaux à l'abandon ou dans le pire des cas iraient les couler", explique Lucas Debièvre, chargé de développement à l'APER.

Il ajoute : "Il y a une vraie volonté de la filière nautique française de s'occuper des bateaux en fin de vie et avec ça de découler la conception des bateaux et l'intégration de matériaux plus nobles et éco conçus pour prendre en charge, dès le début du cycle de vie, l'impact environnemental du produit".

Vers de nouvelles solutions de recyclage ?

Le recyclage des bateaux de plaisance abandonnés permet notamment la valorisation énergétique issue des déchets du bois et du composite.

En lien avec les domaines de l’aéronautique et de l’éolien, l’association de plaisance éco-responsable mène actuellement des recherches pour trouver d'autres solutions de recyclage et de réutilisation des fibres de verre.

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