Briec (29) : la menuiserie Le Nouy, c'est reparti !

Fermée depuis le 18 mars pour cause de confinement, l’entreprise de menuiserie Le Nouy basée à Briec dans le Finistère a rouvert progressivement ses portes. Un retour vers la normale rendu possible par des aménagements respectant la sécurité sanitaire, en concertation avec les salariés.

Prise de température à l'entrée de l'usine
Prise de température à l'entrée de l'usine © Le Nouy

Sylvain Muller a le sourire. Depuis une semaine, le directeur général de l’entreprise Le Nouy voit l’activité repartir après un mois d’arrêt forcé. Spécialisé dans la fabrication de fenêtres et de fermetures (portes, garage, volets...) Le Nouy accueille de nouveau ses salariés.

60% d’entre eux ont repris le chemin de l’usine, soit une centaine de personnes. Certes, le chiffre d’affaires du mois de mars affiche une baisse de 30 % et avril sera pire selon son directeur, mais l’essentiel était de rouvrir.

"Pas pour gagner de l’argent, assure Sylvain Muller, mais pour soutenir l’économie du territoire. Des clients nous ont poussés à reprendre. 90% d’entre eux sont basés en Bretagne. Ce sont notamment des artisans menuisiers qui ne pouvaient pas poursuivre leurs chantiers sans nos fournitures".

Il y a un mois, l’ambiance était bien plus morose pour Sylvain Muller et toute l’entreprise.
"Avec le confinement, on a dû fermer brutalement. Nous étions 220 début mars dont vingt intérimaires. Nous ne pouvions pas respecter les mesures de précaution sanitaires et de toutes façons nous n’avions plus de commandes. Zéro".


On a pris une grosse claque

 
L'usine était déserte
L'usine était déserte © Le Nouy



Pour la première fois en 60 ans d’existence, l’entreprise a mis la quasi-totalité de son personnel en chômage partiel pendant quatre semaines. Les collaborateurs sont restés en contact pour préparer la reprise. Ils ont laissé adresse mail et numéro de téléphone et l’entreprise a crée une plateforme de communication interne. Chacun a pu plancher à distance sur les mesures sanitaires permettant la réouverture.
 

Mesures sanitaires renforcées


Cela démarre dès le parking de l’entreprise. Un collaborateur tend un thermomètre aux salariés à chaque embauche. La prise de température n’est pas obligatoire mais elle rassure. Elus du personnel et salariés ont été associés à l’élaboration d’un schéma sanitaire grâce à un " management de la confiance " dont s’enorgueillit Sylvain Muller.

Dans l’usine, ce sont les salariés qui ont proposé la mise en place d’un plan de circulation pour que l’on entre et sorte de l’atelier par des portes différentes. Autre mesure adoptée, le travail en horaires décalés. Les 70 salariés de retour à la production se croisent moins.

Des robots arrivés à la fin de l’année dernière dans l’entreprise limitent le recours aux manutentions manuelles. " Cette innovation avait pour but de soulager le dos de nos collaborateurs, précise Sylvain Muller, mais dans le contexte sanitaire actuel, elle permet aussi d’assurer une meilleure distanciation dans l’entreprise".
La quinzaine de commerciaux qui retrouvent le terrain sont aussi munis de gants, masques et gel hydroalcoolique.


Filière en ordre de bataille


C’est toute la filière de la fenêtre qui s’est coordonnée pour redémarrer en même temps, depuis la filière amont (les fabricants de vitrage, les extrudeurs de PVC ou d'aluminium, les quincaillers etc.), en passant par les sociétés industrielles d'assemblages de fenêtres, volets et portes de garages jusqu'à la filière aval que sont les clients professionnels (artisans, fenêtriers ou constructeurs de maisons individuelles).

Mais les particuliers vont-ils suivre et lancer des travaux en cette période troublée ? La question reste entière pour le directeur général de l’entreprise Le Nouy. "En effet il est important que ceux-ci aient confiance dans les mesures sanitaires que nous avons prises, en lien avec la filière toute entière et en parfaite coordination avec les ministères du Travail et de la Santé, afin de garantir la bonne santé des particuliers et des professionnels qui interviendront chez eux. "

Aujourd’hui, la moitié des 200 salariés de l’entreprise se trouvent encore en chômage technique. Ils pourront reprendre à temps plein quand les clients reviendront. Et Sylvain Muller en est convaincu : la clé de la reprise est entre les mains des particuliers.

 

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