Départementales 2021 dans le Finistère : ce qu’il faut retenir du débat entre les principaux candidats

Les élections départementales se déroulent les 20 et 27 juin 2021. Autour de Nathalie Rossignol et de Frédérik Colas, six invités candidats étaient présents pour le Finistère : Marc Labbey, Maël de Calan, Mickaël Cabon, Charlotte Lepitre, Christophe Osswald, et Elisabeth Louvel.

Départementales 2021 dans le Finistère : le débat entre les principaux candidats
Départementales 2021 dans le Finistère : le débat entre les principaux candidats © Margaux Moutafian - France Télévisons

En ouverture de ce débat finistérien le candidat de la majorité sortante Marc Labbey se déclare fier de son bilan et confiant dans le choix que feront les Finistériens. Présidé par la gauche depuis 1998, le conseil départemental n’avait conservé cette majorité qu’à un seul canton sur 27 lors du dernier scrutin en 2015.


Élections départementales pour le Finistère : le débat

Autour de Nathalie Rossignol (France 3 Bretagne) et de Frédérik Colas (France Bleu Breizh Izel), six invités candidats étaient présents pour le Finistère : Marc Labbey, Maël de Calan, Mickael Cabon, Charlotte Lepitre, Christophe Osswald, et Elisabeth Louvel.

 

Quels sont les éléments à retenir de ce débat ?

 

Les routes, enjeu majeur de l’aménagement du territoire ?

Très critique sur le bilan de la majorité actuelle, le chef de file de la liste d’union de la droite et du centre « d’Alliance pour le Finistère » Maël de Calan, conseiller départemental sortant dans l’opposition, place le réseau routier au centre de l’aménagement du territoire. " C’est une question de qualité de vie, et d’emploi ". Il déplore la baisse du budget  consacré aux routes départementales, promet d’y réinvestir et de rétablir les aides communales à la voirie.

La candidate du Rassemblement National, Elisabeth Louvel, voit elle dans la rénovation des routes un important moyen de lutter contre les inégalités entre grandes villes et communes isolées.

Désenclaver, développer la mobilité, pour Mickaël Cabon,  tête de liste « L’union ! centristes, démocrates et progressistes », comme pour le candidat soutenu par la France Insoumise Christophe Osswald, liste « Finistère en commun », et Charlotte Lepitre la candidate de la liste « Finistère d’avenir », (qui regroupe EELV, UDB, Nouvelle donne, génération, les radicaux de gauche), la route est un moyen parmi d’autres, et surtout un moyen à partager, entre les voitures, les vélos, et les cars.

Quant à Marc Labbey, il soutient que sa majorité a bien continué à entretenir le réseau routier, et voit plutôt dans le raccordement des ports de Brest et Roscoff et la question de la ressource en eau les dossiers majeurs de l’aménagement du territoire finistérien.

 

La solidarité, compétence majeure du département

L’évocation de l’épineux dossier de l’aide sociale à l’enfance, dont le réseau de prise en charge des mineurs placés est à saturation par manque de moyen, a donné lieu à une petite passe d’arme entre Maël de Calan et Marc Labbey. 

Le candidat de la droite et du centre déplore  les « démissions en masse »  d’assistants familiaux « maltraités par leur département ». " Si demain on prend la tête du département, nous on leur dira merci ".

Actuel vice-président en charge des solidarités, de l’enfance et de la famille, Marc Labbey se défend en arguant que les engagements pris ont été tenus et les indemnités des assistants familiaux augmentées.

 

 

Les délais excessifs de traitement des dossiers des personnes handicapées (6 mois alors que la loi en prévoit au maximum 4), qui concerne 80 000 personnes en Finistère, sont un autre sujet à escarmouches :

Pour Mickaël Cabon " il faut mettre en place des équipes de renfort pour résoudre l’urgence ". 

Christophe Osswald parle de " procédures engorgées par manque de délégation de signature ".

Charlotte Lepitre évoque le problème des " embauches de personnels en CDD et le manque de suivi dans les dossiers ".

Maël de Calan propose quant à lui " d’aller regarder ce qui marche ailleurs ".

 

L’accueil des mineurs isolés, sujet polémique

Placés sous la responsabilité de l’aide sociale à l’enfance et donc du département depuis la loi de 2007, les mineurs isolés sont le point de fixation de la candidate du Rassemblement National dans ce débat : " Nous pensons que l’on ferait des économies considérables si on ne les prenait pas en charge. Ce ne sont pas nos enfants. C’est un budget scandaleux, au détriment de nos enfants ".

Marc Labbey lui répond sobrement que le département applique la loi.

Maël de Calan oscille lui entre humanité et fermeté : " il faut s’assurer qu’ils soient bien mineurs, et quand c’est le cas les aider à s’insérer par le travail ".

 

Vers une assemblée unique ?

C’est un attelage étonnant, voire détonant qui accorde ses faveurs à la constitution d’une assemblée unique qui regrouperait région et département : le candidat LREM Mickaël Cabon, l’écologiste Charlotte Lepitre et la candidate du Rassemblement National Elisabeth Louvel y sont tous trois favorables.

Plus nuancé, Maël de Calan soumet son accord à la " nécessaire définition d’une problématique spécifique à la pointe bretonne ".


Marc Labbey réserve son avis au résultat des discussions avec l‘Etat " sur les compétences et les financements dont disposerait cette assemblée nouvelle ".

Le candidat de la France Insoumise Christophe Osswald est le seul à se déclarer clairement défavorable à ce qui pour lui représenterait " une mise en danger des plus fragiles en mettant en compétition grandes villes et zones rurales ". 

 

 

Les enjeux de l'élection

À lui seul, le Finistère représente le quart du littoral de l’hexagone. Il y concentre aussi les plus hauts sommets bretons. Un paysage par ailleurs marqué par la richesse du patrimoine religieux, avec notamment ses enclos paroissiaux. 

En terme de population, c’est le second département breton avec près de 910 000 habitants (Insee 2017), installés dans 277 communes. Si la capitale administrative est Quimper, c’est Brest qui est la métropole la plus peuplée. 

Avec un taux de chômage de 7,6% (Chiffres 3ème trimestre 2020), le Finistère apparaît un peu au-dessus de la moyenne bretonne mais toujours bien en dessous de la moyenne française de 9%.  Parmi les moteurs de cette économie, l’agriculture et l’industrie agroalimentaire, la pêche mais aussi le tourisme. 

Le conseil départemental est présidé par la gauche depuis 1998, mais lors du dernier scrutin en 2015, cette majorité n’avait tenue qu’à un seul canton sur 27. L’arrivée de la République en marche a également modifié les équilibres en cours de mandat. 

 

Les invités candidats

 

 

Suivez les débats pour les élections départementales 

 

France 3 Bretagne en partenariat avec France Bleu et Ouest France proposent des soirées débats. Chaque débat dure 52 minutes et sera diffusé à la télévision en 2è et 3e partie de soirée et sera également disponible sur notre site France 3 Bretagne.

 

 

 

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