Départementales 2021 dans le Morbihan, ce qu'il faut retenir du débat de France3 Bretagne

Six candidats aux élections départementales dans le Morbihan ont pu débattre ce lundi 7 juin. Parmi les thèmes abordés : un excédent budgétaire de 55 millions d’euros, l’île Berder, l’aide aux personnes âgées et la solidarité.

Les invités pour le débat sur les élections départementales 2021 dans le Morbihan
De g. à d. sur la première ligne : Régis Facchinetti, Sandrine Berthier, Damien Girard.
De g. à d. sur la seconde ligne : Emeric Salmon, Guillaume Auffret, David Lappartient.
Les invités pour le débat sur les élections départementales 2021 dans le Morbihan De g. à d. sur la première ligne : Régis Facchinetti, Sandrine Berthier, Damien Girard. De g. à d. sur la seconde ligne : Emeric Salmon, Guillaume Auffret, David Lappartient. © Benoit Thibaut - france.tv

Dans le Morbihan, François Goulard passe la main après 10 années passées à la tête du conseil départemental.

Parmi les six candidats invités à débattre sur le plateau de France 3 Bretagne, on trouve David Lappartient (Union de la droite et du centre), Régis Facchinetti (France insoumise), Guillaume Auffret (LREM), Damien Girard (EELV), Sandrine Berthier (PS) et enfin Emeric Salmon (RN).


Élections départementales pour le Morbihan : le débat


Quels sont les éléments à retenir de ce débat?

 

Que faire du bas de laine de 55 millions d’euros ?

François Goulard laisse comme cadeau de départ une collectivité peu endettée, et même un bas de laine de 55 millions d’euros.

Est-ce révélateur d’une politique budgétaire extrêmement bien maîtrisée ou de zèle dans les économies au détriment de certaines populations ?

David Lappartient (LR), « l’héritier » de François Goulard, assume cette bonne gestion qui va permettre d’investir pour le Morbihan.

Régis Facchinetti (LFI) déplore "que l’on n’ait pas des dépenses publiques à hauteur des services publics. Le département a su dégager des fonds en coupant des subventions aux associations. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre ".

Le département a su dégager des fonds en coupant des subventions aux associations. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

Régis Facchinetti (LFI)

L’écologiste Damien Girard déplore lui une logique purement comptable. " Il faut profiter de cet argent pour beaucoup mieux accompagner les parents en problème de gardes d’enfants. Il faut arrêter avec une logique purement comptable. Les politiques publiques doivent être mises en œuvre pour l’ensemble des Morbihannais du territoire ".

 

Un hôtel sur l’île Berder : bien ou pas bien?

Berder, c’est cette charmante petite île du Golfe du Morbihan, accessible à pied mais propriété du groupe Giboire, qui l’a rachetée  au groupe Yves Rocher il y a 5 ans.

Problème : le groupe immobilier veut y construire un hôtel de luxe. Un collectif  «  Berder ensemble » s’oppose au projet. Une pétition qui a recueilli 15 000 signatures, avec des parrains prestigieux comme Eugène Riguidel, Gilles Servat, Irène Frein entre autres.

Pour la France insoumise, Régis Facchinetti se déclare favorable à créer un parc départemental pour la protéger. " C’est un bien commun, quelque chose qui présente un intérêt général, il a une histoire sociale et patrimoniale, et sacrifier une partie de cet espace me semble un peu fort de café pour les Morbihannais qui ont aussi besoin de se ressourcer grandir dans ce genre d’endroits ".

Guillaume Auffret (LREM), apporte une nuance. " Il faut préserver l’accessibilité de l’île au public et protéger la biodiversité. Si ces deux principes sont respectés, il n’y pas de raison de s’opposer à la construction d’un hôtel ".

Il faut préserver l’accessibilité de l’île au public et protéger la biodiversité. Si ces deux principes sont respectés, il n’y pas de raison de s’opposer à la construction d’un hôtel.

Guillaume Auffret (LREM)

L’écologiste Damien Girard rappelle que le département avait les moyens de racheter cette île, vendue au prix de 4 millions d’euros. " C’est un site exceptionnel qu’on doit conserver dans le bien commun, pour les Morbihanais et pour les touristes ".

Pour David Lappartient (LR), il faut garantir l’accès au public sur les pourtours de l’île, " ce qui n’est pas incompatible avec une exploitations économique sur place. Cette dualité permettrait de renforcer l’attrait de l’île ".

Celui qui est aussi président du Parc naturel du Morbihan rappelle aussi que " l’honnêteté oblige à dire que la rénovation du bâtiment avait été chiffrée à 35 millions d’euros ", loin des 4 millions du prix d’achat de l’île. " C’est l’équivalent de deux collèges ", a-t-il précisé.


► Personnes âgées : le péril vieux

Alors qu’une loi Grand Age va être débattue au parlement cet été, le sujet concerne particulièrement le département du Sud-Bretagne. 20 000 Morbihannais bénéficient de l’APA (aide personnalisée à l’autonomie). D’ici 2035, 1/3 Morbihannais aura plus de 75  ans. La question de l’autonomie et du maintien à domicile est donc désormais incontournable.

David Lappartient (LR) est prêts à co-financer avec l’Etat les places en EPHAD, dans un département qui est sous-doté.

Chez LREM, Guillaume Auffret rappelle qu’il faut rapidement reprendre le dialogue et mettre la pression sur l’ARS pour faire sortir de terre des places d’EHPAD. " On parle de situations humaines qui sont terribles. Il est important d’avoir un panel d’options plus ouvert et plus riche, que ce soit l’accueil de jour, l’Ehpad à domicile, l’adaptation des logements pour le maintien à domicile ".

Sandrine Berthier (PS) est favorable à un recours plus important au domicile partagé, et surtout que ce principe soit mieux réparti sur le département. " Il faut une vision stratégique pour que les personnes âgées aient un accès facile à l’EHPAD ou au domicile partagé partout dans le département. Le maintien à domicile doit être privilégié ".

Emeric Salmon rappelle, lui, qu’il s’agit avant tout d’un problème budgétaire et qu’une solution serait de prioriser les dépenses. " Les mineurs isolés représentent un coût important pour les départements, c’est une politique imposée par l’Etat. Il faut récupérer de l’argent dans ce domaine, notamment en mettant en oeuvre des contrôle systématiques sur la majorité ou non des personnes arrivant dans le département ".

 

RSA, une lutte contre la pauvreté qui coûte cher

65% du budget du département est consacré à l’aide sociale.

L’institution est chargée de la Réinsertion, et doit gérer le RSA, le  revenu de solidarité active. Pour rappel, les bénéficiaires du RSA touchent  565 euros par mois et doivent être âgé d’au moins  25 ans. Certains plaident pour une renationalisation de cette aide.

Damien Girard (EELV) n’est pas contre, mais voudrait surtout que sa mise en œuvre reste locale. " Il faut faire du cousu main pour accompagner concrètement les personnes au-delà de l’aide dont elles ont besoin et favoriser leur retour vers l’emploi ".

Sur ce point, il est en accord avec David Lappartient. " Pour mettre en contact des chefs d’entreprise qui cherchent des salariés, et des gens en réinsertion qui cherchent du travail, la réponse locale sera plus efficace ".

Au PS, Sandrine Berthier va plus loin. Le département doit être au premier rang dans a lutte contre la pauvreté. " On ne peut pas se satisfaire de 100000 Morbihannais qui se retrouvent sous le seuil de pauvreté, c’est intolérable.  C’est de l’accompagnement, de la proximité, il faut lutter contre le non-recours au droit. Il faut proposer le RSA aussi aux jeunes ".

David Lappartient a tenu à rappeler qu’il ne fallait pas faire du RSA une perspective pour les jeunes.

 

France 3 Bretagne en partenariat avec France Bleu et Ouest France proposent des soirées débats. Chaque débat dure 52 minutes et sera diffusé à la télévision en 2è et 3e partie de soirée et sera également disponible sur notre site France 3 Bretagne.

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