Politique. Maël de Calan : "Au département du Finistère, j’ai branché tout le monde sur 220 volts"

En juin dernier, Maël de Calan a fait basculer le département du Finistère à droite. À 41 ans, l’ancien conseiller d’Alain Juppé arrive aux "manettes" après plusieurs revers électoraux. Avec la ferme intention d’imprimer très rapidement sa marque basée sur les économies et la culture du résultat.

Votre victoire en juin dernier est arrivée à point nommé ? Après plusieurs défaites électorales aux législatives, à la présidence des LR ou aux municipales de Roscoff avez-vous eu la tentation de quitter la vie politique ?

C’est vrai que lorsque l’on s’engage en politique, on voit rarement les gens s’arrêter dans la rue pour vous remercier ou vous féliciter. La politique c’est aussi beaucoup d’énergie, beaucoup de violence sur les réseaux sociaux, et finalement peu de temps pour sa famille ou ses amis. Mais si on fait de la politique c’est parce que l’on croit profondément que l’on peut être utile .

La politique c’est une affaire de patience et d’endurance, non ?

Dans mon caractère, j’aime que cela aille vite. J’ai beaucoup d’idées pour le Finistère et j’enrage de ne pas les voir appliquées. Je suis marqué par une phrase que l’on entend souvent : "On vote mais ça ne change jamais."

Pour moi l’action publique, ce n’est pas une question d’années ou de mois mais cela se calcule en semaines et en jours.

Vous venez de passer le cap des 100 jours à la présidence du département. Qu’est ce qui a vraiment changé ?

On a branché tout le monde sur 220 volts et sur la culture du résultat.

On vise au minimum 40 millions d’économies sur le mandat. Fini les projets pharaoniques dispendieux. Oublié donc le musée des phares de Brest que personne ne demandait et qui aurait coûté 10 millions d’euros d’investissement, soit l’équivalent de trois collèges. Oublié aussi un nouveau bâtiment pour les Archives Départementales, un projet délirant.

Mais il y a aussi une kyrielle d’autres dépenses à revoir et que me proposent aujourd’hui tous les services.

Par exemple, l’aide sociale à l’enfance avec ces 2200 mineurs placés sous notre protection . Pourquoi fonctionner avec des intérimaires ? Pourquoi ne pas créer des postes de fonctionnaires ? Ici précisement si l’on privilégie le permanent au provisoire, on peut faire beaucoup d’économies.

Enfin, pour l’instant, avec  la prime spéciale covid pour les aides à domicile ou la rallonge budgétaire pour les clubs de sport, vous n’hésitez pas à sortir le chéquier …

On revisite justement toute l’action publique pour  pouvoir réinjecter de l’argent frais. Ce qui nous permet d’ores et déjà d’octroyer aux clubs de sport une aide directe de 5 euros pour chaque licencié.

Edouard Philippe lance ce week end un nouveau parti politique. Comme vous il se revendique de la droite modérée. Comme vous, il a été compagnon de route d’Alain Juppé. Et il souhaite s’appuyer sur les élus locaux. Contrairement à d’autres élus bretons, vous avez choisi de ne pas rejoindre son mouvement. Pourquoi ?

Edouard Philippe est un ami proche et je partage avec lui de très nombreuses idées. Mais je ne le rejoins pas pour deux raisons.

La première c’est que je me suis engagé auprès de Valérie Pécresse et j’essaie donc d’être cohérent, même si ces deux personnalités sont très proches intellectuellement. 

La deuxième et la plus importante, c’est que je me suis engagé auprès des finistériens et de mes collègues du département à 100 % investi pour le Finistère, du lundi matin au dimanche soir. Je me réinteresserai peut être un jour à la politique nationale mais pas maintenant.

 

► Le replay de l'émission avec Maël De Calan

 

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