"Si on avait eu un stade, on serait en Ligue 2 aujourd'hui" Retour en National imminent pour l'US Concarneau, défait à Grenoble

Ce samedi 4 mai 2024, l'US Concarneau s'est incliné sur la pelouse grenobloise. Désillusion pour les Bretons qui se retrouveront en National la saison prochaine, un an seulement après avoir accédé à la deuxième division. Ironie du sort, les travaux de mise aux normes pour la Ligue 2 viennent seulement de commencer au stade Guy Piriou.

Il y a un an, les Thoniers célébraient leur montée en Ligue 2. Un séjour éphémère. Après leur défaite ce vendredi 3 mai, à Grenoble (2-1), l'US Concarneau va retourner en nationale dès la saison prochaine. 

Le club finistérien avait pourtant montré de belles intentions en début de rencontre en ouvrant le score à la 18ᵉ minutes grâce à un pénalty d'Axel Urie et manquant de peu de faire le break quelques minutes plus tard. 

Mais en l'espace de deux minutes, les Grenoblois douchent les espoirs des Bretons : Jessy Benet transforme un pénalty puis double la mise grâce à une passe de Mathys Tourraine. 

Il y a eu beaucoup d'engagement ce soir, je n'ai rien à reprocher aux joueurs.

Stéphane Le Mignan

Entraîneur de l'US Concarneau.

En seconde période, malgré leurs efforts, les Finistériens ne trouveront pas de solution pour égaliser. 

"Il y a eu beaucoup d'engagement ce soir, assure Stéphane Le Mignan, entraîneur de l'US Concarneau. Je n'ai rien à reprocher aux joueurs. On va récupérer un peu et puis lundi matin, on va essayer de remobiliser tout le monde pour aborder le match de Bordeaux pour essayer de faire le meilleur classement possible.

Un club sans stade cette année

Alors, à Concarneau, dans le Finistère, c'est la soupe à la grimace ce matin. "C'est une première année et c'est compliqué, soutient un supporter. C'est jamais évident de rester à ce niveau-là." "S'ils avaient eu un stade, les choses ne se seraient peut-être pas passées comme ça", s'agace une Concarnoise. 

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Reportage d'Arthur Conanec ©FTV

"On savait que ça allait être très difficile, mais on y a cru jusqu'au bout, souffle, déçu, Jacques Piriou, le président de l'US Concarneau. On a fait une première partie de saison qui était très bien engagée. Ça s'est un peu dégradé pendant la deuxième partie."

La faute à la fatigue accumulée au cours des nombreux déplacements selon lui : "On a quand même fréquenté cinq stades différents à domicile !"

Car au-delà des contreperformances sportives, faute de stade homologué pour jouer en Ligue 2, les joueurs nomades ont été ballottés entre Brest, Lorient et Guingamp, lors des matchs à domiciles. 

Il nous manque cinq ou six points qu'on aurait obtenus si avait joué sur notre tas de fumier.

Jacques Piriou

Président de l'US Concarneau

"Je pense que si on avait joué sur un terrain ici à Concarneau, on serait aujourd'hui en Ligue 2, j'en suis persuadée, sourit tristement Jacques Piriou. Il nous manque cinq ou six points qu'on aurait obtenus si on avait joué sur notre tas de fumier, comme on dit.

Un déficit de 1,5 million d'euros

De nombreux déplacements qui laisseront aussi des traces sur le budget du club grevé par des dépenses supplémentaires et des recettes en moins. Un déficit estimé à 1,5 million d’euros en mai dernier par Jacques Piriou. 

Ironie du sort, les travaux de mise aux normes du stade Guy Piriou pour la Ligue 2 ont commencé il y a quelques jours, le vendredi 19 avril 2024. Quelques jours seulement avant ce match contre Grenoble qui signe la descente de l'US Concarneau en Ligue 2. Le gazon synthétique devrait être posé en juillet prochain. 

Des travaux financés à hauteur de 600 000 € par le département du Finistère et 10 millions par la mairie de Concarneau. 

Des travaux en tout cas jugés trop tardifs par certains supporters qui s'inquiétaient déjà d'une descente en national faute de stade homologué en novembre dernier. Ils avaient alors créé le Collectif des Supporteurs US Concarneau. 

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Interview de Jacques Piriou, président de l'US Concarneau par Claire Loué et Catherine Aubail ©FTV

Seule satisfaction à tirer de cette saison selon Jacques Piriou  : "La grande solidarité qui s'est dégagée au niveau du club. Les joueurs, les salariés, les bénévoles ont vraiment tout donné pour qu'on puisse montrer qu'on était capables de faire des choses, ici à Concarneau. On a fait preuve de hargne et de résilience, on a peut-être aussi recréé des liens beaucoup plus serrés qu'auparavant.

Seul espoir : un repêchage administratif

L'US Concarneau tentera de briller sur ces deux derniers matchs en Ligue 2. "On doit se battre jusqu'au bout et faire le maximum pour engranger encore quelques points, souligne Jacques Piriou. On ne sait pas ce qui peut se passer. L'année dernière, on a vu Annecy repêché au dernier moment. "

Une référence au repêchage in extremis d'Annecy en Ligue 2 l'an passé. Le club avait profité de la rétrogradation en National du FC Sochaux Montbéliard (FCSM) par la direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), le gendarme financier de la Fédération française de football (FFF).

L'US Concarneau affrontera Bordeaux dans une semaine et Auxerre le 17 mai prochain. 

(Avec Claire Loué et Lara Dolan)