L'engagement de Leïla, 14 ans, contre les féminicides s'affiche dans les rues de Châteaulin

Un message choc pour dénoncer les féminicides sur la façade de la Maison de la presse de Châteaulin (Finistère) / © France Télévisions - C. Collinet-Appéré
Un message choc pour dénoncer les féminicides sur la façade de la Maison de la presse de Châteaulin (Finistère) / © France Télévisions - C. Collinet-Appéré

Leïla, 14 ans, est une adolescente engagée. Ce dimanche, avec l'accord du gérant de la Maison de la presse de Châteaulin, elle a installé une grande banderole pour dénoncer les féminicides. 

Par Thierry Peigné

 

" Un homme va tuer "sa" femme dans moins de 48 heures ".


À l'origine de cette phrase choc qui prône depuis ce dimanche 19 janvier sur la façade de la Maison de la presse de Châteaulin, une adolescente, Leïla Pérez. Cette jeune habitante de Cast dans le Finistère a découvert l'ampleur des féminicides en France il y a peu de temps. 


"Tous les jours j'en voyais sur internet. J'en pouvais plus. Ça m'énervait vraiment" (Leïla)


Révoltée par ces crimes, la jeune fille se met alors à suivre sur les réseaux sociaux les campagnes de collage et de tags sauvages de groupe féministes dans les rues des grandes villes.

Très vite, Leïla veut s'engager contre ces violences subies par les femmes mais se voit refuser sa participation aux collages vu son jeune âge. Tenace, l'adolescente ne veut pas en rester là.

Elle en parle à sa mère, qui l'encourage à aller voir le gérant de la Maison de la presse de Châteaulin. Celui ci accepte de suivre Leïla dans son combat. Après plusieurs échanges de mails et discussions, un message court et percutant est trouvé et la banderole confectionnée.
 
Une phrase choc pour dénoncer les féminicides / © France Télévisions - C. Collinet-Appéré
Une phrase choc pour dénoncer les féminicides / © France Télévisions - C. Collinet-Appéré
 

Le sentiment de possession est "révoltant"


Dans le propos choisi, l'accent est mis sur le sentiment de possession qu'ont les hommes auteurs de féminicides à l'égard de leurs femmes. 


"C'est cette notion qui est assez révoltante et du coup, on voulait la mettre en rouge et interpeller sur ça" explique Leïla.

 
Leïla Pérez, s'engage contre les féminicides
La jeune Castoise de 14 ans, Leïla Pérez, à l'origine de la banderole contre les féminicides installée sur la facade de la Maison de la presse à Châteaulin / Reportage : C. Collinet-Appéré - L. Cognard
 

Pas la première banderole sur la maison de la presse


À quatre reprise déjà, le gérant de la Maison de la presse s'est servi d'une banderole sur sa facade pour afficher ses idées. Il dit profiter de "la visibilité" de son établissement. Pour lui, ces banderoles sont des moyens "de lutter et d'informer aussi". "Je vends de l'information mais essaye d'en faire aussi et de la diffuser" fait-il valoir. 
Frédéric Vasseur explique pourquoi il soutient Leïla dans sa démarche
Frédéric Vasseur, libraire, patron de la Maison de la presse de Château lin, explique pourquoi il soutient Leïla dans sa démarche Reportage : C. Collinet - Appéré - L. Cognard
 

150 féminicides en 2019


Selon le collectif  "Féminicides par compagnon ou ex", au moins 150 meurtres de femmes ont été commis en France, en 2019. Elles seraient 17 en Bretagne cette même année à avoir succombé aux coups de leur compagnon, selon le procureur général près la cour d'appel de Rennes.
 

La plateforme d'écoute téléphonique 3919 contre les violences conjugales

Le 3919 est un numéro d'écoute et "non un numéro d'urgence", a rappelé la directrice générale de la Fédération nationale solidarité femmes. "En cas d'urgence, il faut appeler le 17 ou le 18", précise-t-elle.
La plateforme est ouverte du lundi au vendredi de 9h à 22h et le week-end de 9h à 18h.

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