Finistère : l'arrivée controversée d'Amazon à Briec, une épine dans le pied des élus

C'est un terrain agricole de six hectares, à Briec, qu'Amazon convoite pour installer sa plateforme logistique dans le Finistère. Un dossier qui fait polémique et dont hérite la nouvelle maire de Quimper et présidente de la communauté d'agglomération. 

Amazon souhaite implanter sa plateforme logistique sur un terrain agricole de 6 hectares à Briec
Amazon souhaite implanter sa plateforme logistique sur un terrain agricole de 6 hectares à Briec © Photo PQR/Journal Saône et Loire
Le dossier est brûlant et provoque déjà une levée de boucliers. Avec, au premier chef, la maire de Quimper qui, pendant la campagne des municipales, avait déjà dénoncé "l'opacité" autour de cette installation d'Amazon à Briec et "le silence" de l'ancien maire sur la question, lequel faisait voter une délibération lors du conseil communautaire du 6 février pour la vente d'un terrain agricole de six hectares à Briec "sans que le nom du porteur de projet ne soit connu".
Une fois élue, Isabelle Assih découvre la patate chaude laissée par Ludovic Jolivet : le compromis de vente signé avec Amazon quelques jours avant le second tour des élections. "Ce qu'il a omis de me dire quand j'ai été élue maire" dit-elle. 


"Avis divergents"


Le géant américain du commerce en ligne veut implanter une base logistique de 10.000 m2 à Briec. 95 emplois directs et 300 emplois indirects seraient créés. "L'arrivée d'Amazon est un sujet très complexe car très clivant, explique la maire de Quimper. En tant que nouvelle présidente de l'agglomération, je dois le traiter avec responsabilité en m'appuyant sur le bureau communautaire où les avis sur cette implantation sont très divergents".

Les élus communautaires ont rencontré les porteurs de projet cet été : la société toulousaine Vectura Immobilier et des représentants d'Amazon France. "Nous avons besoin de tous les éléments pour bâtir notre argumentaire qui peut aller dans le sens de 'oui à cette implantation' mais aussi dans le sens de 'non à cette implantation" prévient Isabelle Assih.


"Rapport de force au détriment des entreprises locales"


Tenir compte "des contraintes réglementaires, fiscales, d'emplois et d'environnement" pour "avancer pas à pas", voilà la méthode de la présidente de la communauté d'agglomération quimpéroise qui promet "une transparence totale sur le dossier et sur l'étude d'impact qui sera menée".

De leurs côtés, les opposants fourbissent leurs armes. "Amazon va gérer ses marges au niveau de sa logistique de manière à éviter l'impôt, assure Pierre Crampon, membre d'Attac Quimper. Ce que ne peut pas faire une entreprise localement. Ce rapport de force est au détriment de nos entreprises".
 

Toutes les options seront choisies pour que cette implantation n'ait pas lieu

Pierre Crampon, Attac Quimper

Le militant associatif souhaite que les habitants aient toutes les informations en main. "La population doit savoir que ces 95 emplois annoncés masquent une autre réalité : celle des emplois qui seront perdus à cause de l'activité d'Amazon. Amazon fait venir des produits du monde entier et les distribue à des prix défiant toute concurrence. Localement, cela met les commerces en danger qui, eux, paient des taxes et fonctionnent selon la loi française. Chez Amazon, un emploi créé détruit deux emplois autour".

Pour sa part, Isabelle Assih espère "avoir tous les éléments" pour présenter le dossier au conseil communautaire du 24 septembre. 
 
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
amazon économie entreprises