Pêcheurs en colère. Larges manifestations à Lorient et Quimper ce vendredi 31 mars

A Quimper comme à Lorient, les pêcheurs bretons ont multiplié les actions symboliques ce vendredi. Cortèges funéraires, distributions de tracts dans les supermarchés, dépôts de bilan symboliques devant le tribunal de commerce, etc. La filière est remontée pour cette "journée morte" dans tous les ports de pêche.

Après une première journée de mobilisation jeudi à Brest où 700 pêcheurs ont exprimés leurs peurs et leur colère, la filière pêche bretonne a multiplié les actions symboliques aujourd'hui vendredi à Lorient et Quimper.

Un cortège funéraire s'est élancé du Pays Bigouden dans la matinée. Direction le Tribunal de commerce de Quimper où le cercueil en bois noir de la pêche artisanale française a été déposé. De nombreux faux dépôts de bilan l'ont rapidement recouvert.

Les pêcheurs expriment ainsi leurs peurs de devoir cesser leurs activités suite aux nombreuses réglementations et aux accusations de surpêche. "Les pêcheurs sont en détresse et en angoisse, explique Olivier Le Nézet, président du comité national des pêches, car on n’a aucune visibilité.

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Si la matinée avait mal commencé avec l'incendie de l'Office français de la biodiversité devant lequel les pêcheurs manifestants avaient jeté des fumigènes la veille, cela n'a pas empêché la profession de multiplier les actions pour cette journée "Filière morte". 

"À la mémoire de la filière pêche"

À Lorient, les pêcheurs ont aussi manifesté. Là aussi un cercueil "à la mémoire de la filière pêche" a accompagné le cortège funéraire jusqu'à la préfecture. "A l'intérieur on a mis les dépôts de bilan de toutes les entreprises de la filière, détaille Yoann Mabiot, pêcheur lorientais. Toute la filière est mise à mal aujourd'hui".

Une filière unie derrière les professionnels de la pêche. Chez Jean Bénard, un mareyeur de la ville aux 6 ports, plus un seul poisson. "Il y a une solidarité avec les pêcheurs, commente-t-il. Un emploi en mer c’est quasiment 5 ou 6 emplois à terre. Que ce soit les mareyeurs, les poissonniers, la construction navale, le personnel des ports de pêche. C’est tout l'ensemble de la filière qui, sans les pêcheurs, n’a plus aucune raison d’être."

A Lorient, le mareyage emploie 800 personnes pour une quinzaine d’entreprise. Avec un chiffre d’affaire de près de 64 millions d’euros l’année dernière, la criée de Lorient est la plus importante de France en valeur.

Opérations éclairs dans les supermarchés 

Plus tôt dans la matinée, les professionnels de la mer sont allés dans les grandes et moyennes surfaces (GMS) de l'agglomération lorientaise qui n'achètent pas leur poisson à la criée de Lorient, pour surveiller "qu'ils jouaient bien le jeu de cette journée filière morte, nous explique Jean Piel, du Comité départemental de pêche. La plupart des GMS sont solidaires avec nous et ferment leurs étals quelques heures."

Les poissons ont été retirés des étals de Carrefour et du Géant avant d'être redistribués aux clients et aux automobilistes présents sur leur chemin.