Quimper : la Confédération Paysanne relance sa plainte contre six laiteries

La délégation à la sortie du tribunal de Quimper / © Florence Malésieux - France 3 Bretagne
La délégation à la sortie du tribunal de Quimper / © Florence Malésieux - France 3 Bretagne

La Confédération Paysanne appelait cet après-midi à une action devant la cité judiciaire de Quimper. Objectif : relancer le dépôt de plainte pour extorsion contre six laiteries. Le procureur a reçu une délégation.

Par Marc-André Mouchère

Alors que ne se terminent les états généraux de l’alimentation et avant l’écriture d’une nouvelle loi d’avenir pour l’agriculture promise par Emmanuel Macron, des agriculteurs de la Confédération Paysanne ont été reçus par le Procureur de la République de Quimper. Ils voulaient vérifier le bon cheminement de leur plainte déposée en 2016 contre des laiteries coopératives Sodiaal, Triskalia, Even, Clal Saint-Ivy et les laiteries industrielles privées Sill et Lactalis.

Une polémique relancée par Cash investigation

Sous le titre « Produits laitiers : où va l’argent du beurre ? » les enquêteurs du magazine de France Télévisions se sont employés à démontrer que les plus-values générées par la transformation du lait ne retombent pas dans les poches des producteurs de lait. Les coopératives collectrices revendent le lait à des filiales, souvent en cascade, pour le transformer en crème, beurre, Yaourt, lait en poudre, et autres produits plus élaborés. Mais les filiales qui perçoivent les plus fortes marges peuvent se situer par exemple au Luxembourg. Et alors adieu le partage des marges avec les éleveurs. Pire : ils ne sont même pas rémunérés à hauteur de leurs frais et charges.
Dans ce magazine du 16 janvier dernier, un ancien représentant de producteurs laitiers auprès de Lactalis qui demandait une meilleure redistribution témoigne de la réponse donnée par un patron de laiterie à sa revendication : "Le partage de la valeur ajoutée est une idée socialo-communiste".


Soulagés d’avoir été entendus par le Procureur

Le Procureur de la république a confirmé à la délégation que l’enquête a été ouverte et qu’elle continue à travers la France. Les enquêteurs recueillent des informations auprès des agriculteurs. Leur but : vérifier comment se fabrique le prix du lait et de ses dérivés.


Perte de pouvoir de négociation

Ce que les producteurs de lait veulent démontrer c’est qu’ils ont perdu leur voix au chapitre dans l’élaboration du prix du lait depuis que les coopératives ont pris des statures internationales.


Partage des plus-values

Parmi les éleveurs qui voient de loin grossir la fortune de leurs coopératives, beaucoup sont endettés, au bord de la faillite et parfois acculés au suicide. Ils ne veulent pas devenir des esclaves modernes. Au contraire ils exigent de pouvoir retrouver une part importante de la valeur ajoutée faite par les laiteries coopératives ou industrielles.


Une meilleure représentativité

Pour redonner du pouvoir aux paysans et à leurs petites entreprises les militants espèrent que le président de la République les aidera à peser dans les restructurations nécessaires. À défaut ils envisagent une nouvelle organisation active sur le grand ouest.  Il est grand temps car l’année qui vient sera selon eux très dure parce que les prix ne remonteront pas tout seul dans un marché laitier excédentaire au plan européen comme au plan mondial. Ce qu’ils espèrent c’est de réinventer des règles de régulation différentes de celle des quotas laitiers aujourd'hui abandonnés par l’Europe.

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