Tir de missile prévu dans le ciel finistérien : "un gaspillage" pour les associations

Un tir de missile aura lieu dans le ciel breton, nécessitant plusieurs essais. Des zones de restriction sont mises en place et concernent notamment la navigation dans une zone dédiée. Associations et collectifs prévoient une journée d'actions ce mercredi 10 juin, dans plusieurs villes de la région.

Un tir de missile en 2010, au large du Finistère
Un tir de missile en 2010, au large du Finistère © Benoit Raoul/Le Télégramme

Un tir de missile doit avoir lieu dans le ciel du Finistère, entraînant plusieurs essais prévus ce mois de juin, jusqu'à la mi-juillet explique le ministère de la Défense, sans pour autant donner plus de détails. "Ces activités opérationnelles et essais de système d'armes qui sont liés à la dissuasion nucléaire sont couverts par le secret Défense et ne feront pas l'objet d'une communication détaillée" explique-t-on.

Il s'agit "d'activités opérationnelles classiques qui se tiennent dans le cadre de la remontée en puissance des SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d'engins) suite à leur sortie d'indisponibilité périodique pour entretien et réparation".


Des actions contre ce tir


Plusieurs associations et collectifs s'insurgent. Des actions sont prévues le mercredi 10 juin, dans plusieurs villes bretonnes : Penmarc'h, Saint-Malo, Rennes, ou encore Lannion. "Dans le respect des règles sanitaires et par petits groupes" précise Roland Nivet, porte-parole du Mouvement pour la Paix.

Là, on nous offre en cadeau de déconfinement, la reprise de tirs de missile M51. Roland Nivet

Il voit dans ce tir un immense gaspillage. "Aujourd'hui, avec ce que l'on vient de vivre, l'épidémie, on était en droit de s'attendre plutôt à un plan d'urgence du côté hospitalier ou à des investissements pour l'écologie et la protection de la planète." Il ajoute : "Un missile M51, cela coûte 120 millions d'euros. 120 millions d'euros c'est le salaire brut annuel de 7500 infirmières ou 24 000 respirateurs médicaux...Chaque M51 porte six bombes atomiques dont chacune peut détruire une ville comme Paris en quelques secondes."

La France est signataire du traité de non-prolifération nucléaire qui prévoit dans son article 6 le désengagement nucléaire complet et négocié. Dans la réalité, depuis deux ans, elle s'engage dans un programme de 'modernisation' avec un renouvellement de sa flotte de sous-marins, avec un coût de 7 milliards par an. Nous on dit, il y a autre chose à faire aujourd'hui, comme protéger la vie humaine."

Dans un communiqué, la fédération Anti-Nucléaire Bretagne y voit "une obscénité, en ces temps de pandémie : sachant que chaque essai coûte plus de 120 millions d’Euros et que la Loi de programmation militaire augmente son budget de plusieurs milliards ces prochaines années alors que la Santé, la Culture et l’Education manquent cruellement de moyens." Elle réclame de son côté "l’arrêt immédiat de l’exploitation de l’énergie nucléaire et l’arrêt des programmes de recherche et de développement pour cette technologie."


Un périmètre de sécurité 


Des zones réglementées temporaires (ZRT) et zones dangereuses temporaires (ZDT) sont mises en place au large de la ville de Penmarc'h, interdisant tout survol aérien pendant les tirs. La navigation sera également régulée pendant cette période. Un arrêté a été publié par la préfecture maritime et détaille ces règles qui s'appliquent depuis le 8 juin, jusqu'au 8 juillet. 

Consulter l'arrêté de la préfecture maritime sur les zones de restriction pendant le tir

La région a déjà connu ce genre d'essais, en 2018, 2016 mais aussi en 2013. A cette époque, le tir avait été un échec, le missile explosant en plein vol

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
armée société sécurité défense
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter