Gepetto et Cie crée une marionnette de Gainsbourg et prouve que l’amour ne tient pas qu’à un fil

Publié le Mis à jour le
Écrit par avec Nicolas Corbard

Un jour de 1973, un monsieur est venu voir le marionnettiste Pascal Gilbert. C’était l’impresario de Jane Birkin. Il venait commander une marionnette à l’effigie de Serge Gainsbourg pour ses 20 ans de carrière. Presque 50 ans plus tard, Charlotte est revenue voir l’épouse du marionnettiste pour lui faire la même demande.

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"Quand Serge Gainsbourg a reçu sa marionnette, il était en direct à la radio, on écoutait évidemment. Il l’a adorée tout de suite, il a commencé à jouer avec. Il était comme un gamin, c’était super " se souvient Virginie Gilbert.

"Au départ, quand l’impresario de Jane Birkin est venu commander une marionnette de Serge Gainsbourg, Pascal a dit oui, puis il s’est demandé si ce n’était pas de la folie."

Il avoue, il en a bavé. Mais sa marionnette a plu et c’est sans doute à cause de ce petit bonhomme, aux oreilles décollées, avec son costume trop grand, sa clope au bec et son regard si profond, que Pascal a continué le métier.

 La beauté cachée des laids, des laids  

Pascal Gilbert, surnommé Gepetto est décédé il y a quelques mois. Mais avant, il avait reçu un appel de Charlotte Gainsbourg. Elle souhaite faire de la maison familiale de la rue de Verneuil, un musée en hommage à son père et a commandé une nouvelle marionnette. "Pascal en était très heureux", témoigne son épouse, Virginie, devenue à son tour créatrice de marionnettes chez Gepetto et Cie, "pour lui, la boucle était bouclée. "

Du bout de son pinceau, Valérie Huon dépose une couche de vernis sur l’œil de Serge." Il faut que cela brille pour que le regard soit vivant, explique-t-elle, puis un peu de rose sur ses lèvres."

"Nous travaillons à partir de photos, de face, de profil raconte Virginie. Il faut que les personnages nous rentrent dans la tête et puis il y a un peu d’intuition, des choses que les yeux ne voient pas, des petits détails qui font la beauté des êtres. C’est comme cela que l’on donne une âme à nos marionnettes."

L’homme à la tête de choux

Les deux artistes travaillent avec de la pâte à modeler qui sèche à l’air. La tête doit être la plus légère possible. "Une marionnette, il faut ensuite qu’elle bouge, qu’elle puisse prendre vie."

Sous leurs doigts, les joues s’arrondissent, le menton se forme. Valérie et Virginie ont accroché des fils aux silhouettes de David Bowie, d’Elton John, ou de Johnny Halliday.

"Il y a des marionnettes, on a l’impression qu’elles nous guident, qu’elles nous disent, oui, c’est comme ça, vas –y,"  s’émeut Virginie.

"Mais c’est parfois difficile de ne pas tomber dans la caricature. Il faut adoucir le trait pour que l’on puisse voir son visage comme il est, souligne Valérie. Et puis, au bout d’un moment, sous ses doigts, on se dit, ça y est ? Il est là. C’est magique, on se dit, on a réussi quelque chose. On le voit. " 

Le Serge de Virginie est différent de celui de son mari. Elle ne voulait pas copier, ce n’était pas possible, alors, ne vous déplaise, elle a fait Sa marionnette. Elle sera vendue dans le musée-hommage à l'artiste. 

Il nous regarde et on a l'impression d'entendre les premières notes s’élever du piano. L’amour tient ... avec plein de fils !

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