Glyphosate : la durée d'autorisation fait débat

Christian Mochet, éleveur à Servon sur Vilaine et élu FDSEA utilise depuis toujours du glyphosate / © Bruno Van Wassenhove / France 3 Bretagne
Christian Mochet, éleveur à Servon sur Vilaine et élu FDSEA utilise depuis toujours du glyphosate / © Bruno Van Wassenhove / France 3 Bretagne

Cinq ans pour l'Union Européenne, trois ans pour Emmanuel Macron : la durée d'utilisation autorisée du glyphosate divise. Si la FNSEA salue une décision européenne de "bon sens", beaucoup d'agriculteurs redoutent une réduction de sa licence à trois ans, comme souhaitée par la France.

Par V.Chopin


Le glyphosate n'a pas fini de diviser. Depuis, le vote lundi des Etats membres de l'Union Européenne en faveur d'une nouvelle autorisation pour cinq ans de l'herbicide controversé, les réactions se multiplient. 

La Confédération paysanne condamne cette décision qui repousse encore la sortie de cet herbicide décrié, soulignant que des alternatives existent déjà. "Honteux" pour des chercheurs comme Robert Bellé, qui se démène depuis 15 ans pour démontrer que cet herbicide est cancérogène. Quant au point de vue de la FNSEA, il est mitigé : le syndicat agricole majoritaire salue une décision "de bon sens" admettant que l’agriculture française peut réduire son utilisation de produits phytosanitaires sans néanmoins pouvoir, à ce jour, s’en passer. Le sujet était mardi au coeur des discussions à la chambre départementale d'agriculture du Finistère :
Glyphosate : réactions à la chambre d'agriculture du Finistère


Les agriculteurs bretons et le glyphosate 


Le sujet fait débat notamment en Bretagne, où l'herbicide est très utilisé.  394 tonnes de glyphosate vendues en 2015 dans la région ! Le Finistère et les Côtes d'Armor figurent dans le top 10 des départements français les plus consommateurs. C'est qu'au-delà de l'utilisation classique des désherbants, la pointe bretonne a eu recours en masse au glyphosate, notamment dans le cadre de la lutte contre les nitrates et les algues vertes.

Pour beaucoup, dans l'agriculture conventionnelle, il faut du temps et des produits de substitution, avant de se passer du glyphosate. "De grâce ! Pas trois ans !" telle fut par exemple la réaction Christian Mochet, éleveur à Servon sur Vilaine (35) et élu FDSEA, à l'annonce de la volonté d'Emmanuel Macron. Il a expliqué ses contraintes, et les conséquences, selon lui, d'un arrêt des desherbages au glyphosate à Maylen Villaverde et Bruno Van Wassenhove.


Glyphosate : point de vue d'un éleveur conventionnel


Cohérence entre Etats membres


Cinq ou trois ans ? La question a son importance ! Si les Etats membres de l'Union européenne ont voté en majorité lundi en faveur d'une nouvelle autorisation pour cinq ans de l'herbicide controversé, la France, elle, s'est opposée au renouvellement du glyphosate. "J’ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans" a indiqué Emmanuel Macron, après le vote de la Commission européenne.  

Un souhait présidentiel, salué par certains, mais qui crée le trouble chez d'autres. A l'image, de Jacques Jaouen, le président de la Chambre d'agriculture de Bretagne qui craint que cela crée des inégalités entre Etats membres. 
Réaction président chambre agriculture glyphosate





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