Guirec Soudée au téléphone. Ses proches racontent le coup de fil surprise reçu cette nuit

Guirec Soudée n'est plus à une surprise près. Ce matin du 2 septembre, à 1h30, il a réussi à joindre ses proches par téléphone. De quoi (enfin) savoir ce qu'est son quotidien, connaître les péripéties, galères, bonheurs de sa traversée et envisager son arrivée fin septembre à Brest.
Guirec Soudée a pu bénéficier d'un "phone patch" par le commandant d'un navire croisé sur sa route pour téléphoner à ses proches.
Guirec Soudée a pu bénéficier d'un "phone patch" par le commandant d'un navire croisé sur sa route pour téléphoner à ses proches. © Guirec Soudée Adventure

"Est-ce que tout le monde va bien ?". Voici les premiers mots de Guirec Soudée à ses proches, abasourdis de l'entendre après deux mois de silence radio. Le jeune marin qui traverse l'Atlantique à la rame, a tout de suite voulu prendre des nouvelles de sa famille, ainsi que de sa poule Monique, nous précise Alice Claeyssens, membre de son équipe à terre.

Cela faisait deux mois, jour pour jour, que Guirec Soudée n'avait pu rentrer en communication avec sa famille et son équipe après la forte tempête qui a endommagé son matériel.

Pour ce coup de téléphone surprise, Guirec a eu la chance que le commandant de bord d'un bateau croisé dans la nuit lui propose un "phone patch". Le commandant a appelé via son téléphone un proche de Guirec et a collé la VHF avec laquelle il communiquait avec le jeune Breton. 

Son entourage a entendu Guirec avec une voix de robot, mais c'était enfin lui.

La tempête du 2 juillet

Guirec raconte enfin ce qui s'est passé. Le 2 juillet en pleine tempête, il fait une température étouffante dans son bateau. Le navigateur est obligé d'ouvrir et de refermer rapidement ses trappes pour respirer. Mais alors qu'il vient d'entrouvrir un de ses panneaux, il chavire. L'eau entre et noie son matériel électronique.

Il réussit à sauver sa VHF et arrive à recharger de temps en temps son téléphone portable afin de faire quelques images et prendre des notes audio de sa traversée.

Les difficultés du moment  

Guirec Soudée s'est également inquiété de la météo. Le marin n'a pas accès aux fichiers météo pour établir un routage. Depuis une semaine, il a dû mettre en place son ancre flottante car il fait face à un vent d'Est très puissant, 25 à 30 noeuds. Un vent de face qui l'empêche d'avancer et qui le fait dériver. Il a déjà perdu 200 miles nautiques en quelques jours. 

Guirec a donc essayé d'avoir quelques précisions sur les conditions qu'il allait devoir affronter. "D'ici 5 à 6 jours, nous explique Maurice Uguen également membre de son équipe, Guirec va rentrer sur le plateau continental, il sera dans une zone de hauts fonds qui est sillonnée par les bateaux de pêche. Les chalutiers pourront lui donner des informations précises pour réussir à rallier la ligne d'arrivée entre le Cap Lizard et Ouessant". 

Les joies de sa traversée

Guirec Soudée a expliqué à ses proches qu'il faisait de nombreuses rencontres animales et que cela l'aidait beaucoup. Des baleines, des dauphins, de nombreux poissons le suivent ou le croisent et cela lui amène de la joie et de l'énergie.


Certains marins vivent de la mer. Guirec vit la mer

Maurice Uguen

Maurice Uguen nous faire comprendre ce que doit ressentir le jeune breton"Pour nous terriens, il faut imaginer, être depuis trois mois à 50 centimètres de l'eau dans des conditions spartiates, dans une petite barque, sans moyens de communications électroniques. Guirec Soudée est doté d'une force mentale hors du commun, après ces trois mois il a dû devenir une sorte d'animal aquatique" explique-t-il.


L'odeur de la terre   

Avec les vents contraires et sa position qui a reculé, il est encore difficile de connaître la date de sa future arrivée. Guirec espère atteindre Brest la troisième semaine de septembre. "J'espère qu'il y aura quelques personnes pour mon arrivée" a-t'il glissé lors de son échange téléphonique. 

Vu la ferveur qu'engendre sa nouvelle aventure sur les réseaux sociaux, nul doute que son petit bateau rouge ne sera pas laissé seul par les Bretons qui savent reconnaitre les gens de mer.

Les vents d'Est compliquent son arrivée mais ils doivent lui apporter un peu de l'odeur de la terre. De quoi lui donner les forces nécessaires pour aller au bout, car une chose est sûre, même s'il ne se plaint jamais Guirec Soudée doit puiser dans ses dernières ressources pour boucler sa deuxième transatlantique à la rame de la saison.  

  

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