Il y a 14 ans : le naufrage du Bugaled Breizh

Bugaled Breizh : La plaque commémorative déposée au Cap Lizard / © D.R
Bugaled Breizh : La plaque commémorative déposée au Cap Lizard / © D.R

Il y 14 ans, jour pour jour, le chalutier de Loctudy faisait naufrage au large du Cap Lizard, à la pointe sud de l'Angleterre. Ses cinq marins ont péri en mer, laissant derrière eux un épais mystère. Retour sur 14 années de bataille judiciaire toujours en cours Outre-Manche.

Par Valérie Chopin / Krystel Veillard

C'est une épave cabossée et lourde de secrets, qui rentre à Brest, en juillet 2004. Après six mois, au fond de l'eau, le « Bugaled Breizh » revient sans ses cinq marins. Pourquoi, le 15 janvier 2004, ce chalutier de Loctudy a-t-il coulé en quelques secondes seulement ? A-t-il été percuté par un cargo ? C'est la version d'abord émise par les autorités, mais une autre hypothèse fait très vite surface. Ce jour-là, ce 15 janvier 2004, plusieurs sous-marins étaient en exercice militaire. L'un d'eux aurait-il entraîné par le fonds le chalutier ? Alors que beaucoup d'indices et expertises vont dans ce sens, les conclusions des autorités surprennent : En novembre 2006, le Bureau d'Enquête et Accidents en mer (BEA) conclut en effet, que le Bugaled Breizh aurait tout simplement accroché le fond sablonneux

La présence de sous-marins de plus en plus précise


Une conclusion, qui déclenche beaucoup de réactions. Le monde de la pêche est dans la rue ! Les juges d'instructions ont beau pencher pour la thèse du sous-marin, le parquet de Quimper, et l'Etat s'entêtent. En novembre 2009, la Cour d'Appel de Rennes demande pourtant un complément d'enquête. La présence de nouveaux sous-marins apparaît. En plus des bâtiments anglais, français et néerlandais, le contre-amiral Salles parle lui, d'américains. La levée totale du secret-défense sur les journaux de bord français s'avère cruciale. Mais la marine anglaise n'a pas communiqué non plus la situation de ses bâtiment ce jour-là.


Après le non-lieu de la Cour de Cassation, procédure anglaise


Et c'est précisément vers les Anglais que les Bigoudens vont se tourner. Alors que côté français, la justice piétine, allant de non-lieu en non-lieu, et jusque devant Cour de cassation en juin 2016, les proches des victimes en appellent aux Britanniques. Même si le chalutier breton a coulé dans les eaux internationales, dans la mesure où deux des corps des victimes ont été retrouvés dans les eaux territoriales britanniques, la justice anglaise est en effet compétente. Et cette procédure d'enquête, Inquiest, lancée par la justice britannique fait naître beaucoup d'espoirs. Mais en novembre dernier, beaucoup semblaient déjà compromis, le procès en Angleterre pourrait en effet reposer uniquement sur les mêmes éléments que ceux ayant débouché sur le non-lieu en France. La Marine anglaise fait-elle pression ? C'est le sentiment des proches qui attendent néanmoins ce procès britannique, au mois de juillet 2018.


Le récit en images de Valérie Chopin et Tanguy Descamps

Il y a 14 ans, le naufrage du Bugaled Breizh,
Le récit en images de Valérie Chopin et Tanguy Descamps - images d'archives - Interviews : Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense - Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense, janvier 2013 - Michel Douce, armateur du Bugaled Breizh - Thierry Lemétayer, fils du mécanicien du Bugaled Breizh


A lire aussi

Sur le même sujet

Un procès pour essayer d'éclairer la mort de Clément Méric

Les + Lus