À Vitré, ils font un jeûne politique pour un printemps écologique

Une dizaine de militants ont observé un jeûne de 48 heures pour alerter sur le projet de rocade de Vitré qu'ils contestent. Le représentant écologiste du Pays de Vitré Bernard Martin a choisi d'étendre cette pratique sur dix jours, et d'alerter plus large.

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Ce matin du dimanche 24 janvier marque la fin d'un jeûne de 10 jours pour Bernard Martin. Un jeûne politique pour un printemps écologique, une interpellation à l'adresse des élus et des citoyens.

Le choix personnel d'un engagement total

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Militant, passionné, il se souvient de son premier engagement, auprès du Mouvement pour une alternative non-violente, pour l'arrêt des essais nucléaires sous la présidence Chirac. Puis évoque ses lectures, ses références : Martin Luther King, Ghandi, et plus récemment Edgar Morin et Pierre Larouturoux. S'indigne des conséquences du réchauffement climatique et des pollutions sur les océans, de celles du productivisme, évoque le concept de bonheur national brut (indice de développement alternatif au produit intérieur brut) ... une pensée globale et une conscience en alerte qui l'ont conduit à cette expérience du jeûne.

J'ai une conscience de l'urgence, j'avais besoin de donner de moi. J'ai besoin de relier le paroles et les actes. C'est un jeûne politique

Bernard Martin

Pour lui le jeûne c'était un moyen "d'aller plus loin de l'intérieur". "Ce qui fait qu'on tient dans un jeûne c'est la volonté initiale. Parfois la faim vous tenaille, parfois ce sont des maux de tête, ou des douleurs dans le dos. Mais je ne lâche rien. Je bois beaucoup d'eau, de la tisane, des boissons plutôt salées, sur les conseils d'un médecin, parce que ça reminéralise."

" Il y a un travail d'ordre spirituel, on perçoit sa propre fragilité, mais ce n'est pas un jeûne spirituel, c'est un jeûne politique ! J'ai une conscience de l'urgence, j'avais besoin de donner de moi. J'ai besoin de relier les paroles et les actes.

Un jeûne collectif

Ces deux derniers jours à Vitré (Ille-et-Vilaine) ils étaient une dizaine à jêuner, avec Bernard Martin, pour interpeller élus et citoyens sur le projet de contournement de Vitré voulu par l'ancien maire Pierre Mehaignerie, et repris par celle qui lui a succédé, Isabelle Le Callenec. 

Membres du MAN (mouvement pour une alternative non violente), de l'association Tuvalu, ces opposants à ce "grand projet inutile dépassé et inadapté qui détruirait 40 hectares de terres agricoles dont 15 hectares de zones humides pour 40 millions d'€" ont développé et proposent un projet alternatif.

Projet alternatif de contournement de Vitré

Pour Bernard Martin, ce projet sur le territoire où il vit, ce n'est pas seulement un route, mais l'illustration d'une conception globale de la société qu'il est grand temps de changer: "Il ne suffit pas d'écologiser son discours, il faut aussi savoir renoncer à ces projets d'un autre siècle, sinon ce n'est pas cohérent."

Candidat aux législative en 2017, il avait déjà engagé son corps et toute sa personne dans cette campagne en arpentant à pied le territoire et en s'invitant à échanger, partager un café, un repas, voire dormir chez ses habitants. 



Pour lui l'engagement politique n'a rien à voir avec un quelconque goût du pouvoir. "C'est rendre à la société ce qu'elle nous donne".

 

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