"Je ne suis pas là pour me faire tuer !" Circulation routière : le cri d’alarme des agents des routes

Publié le Mis à jour le
Écrit par Séverine Breton .

Depuis le début de l’année, 12 véhicules de la DIR Ouest, direction interdépartementale des routes, ont été percutés. Les autorités appellent les automobilistes à davantage de vigilance.

Il y a quelques jours, une voiture est entrée sur la rocade de Rennes alors qu’elle était fermée à la circulation pendant la nuit. "Le véhicule a foncé dans le chantier à plus de 140 km/h" explique Franck Legendre, agent d'exploitation à la DIR Ouest.

Mon métier, je l’aime mais je ne suis pas là pour me faire tuer.

Franck Legendre, agent de la DIR Ouest

"Depuis que je suis à la DIR Ouest, il y a eu deux morts. Un collègue dans le Morbihan, un autre dans les Côtes-d’Armor et la semaine dernière, en France, il y a eu deux agents qui ont été blessés et qui ont été évacués à l’hôpital. Moi, mon métier, je l’aime mais je ne suis pas là pour me faire tuer."

La DIR Ouest gère quelque 1 500 kilomètres de route en Bretagne et dans les Pays de la Loire. Les agents font face à la fois à des activités programmées, le remplacement des rails de sécurité, l’entretien des voies. Ils affrontent aussi les urgences, les accidents qu’il faut aller baliser pour éviter les sur accidents, les véhicules en panne qu’il faut signaler. Ils réalisent environ 50 000 interventions par an.

Les agents travaillent à quelques centimètre des véhicules qui roulent parfois à 90 km/h, voire beaucoup plus. "On doit être vraiment hyper vigilants dès qu'on intervient, dès qu'on sort du véhicule, précise Benoît Blot, agent d'exploitation à la DIR Ouest. On doit vraiment toujours avoir l'œil derrière soi sur la route parce que le danger est permanent."

Des chiffres inquiétants

"En moyenne, ces dernières années, on comptait une trentaine d’accidents par an, relate Guenael Kernen, chef du centre d’intervention de la DIR Ouest. Il y a deux ans, les chiffres avaient déjà dangereusement augmenté, il y avait eu 35 accidents. Mais là, en 4 mois, on est à 12, il faut faire quelque chose !"


Des voitures qui ne ralentissent pas en entrant dans une zone de travaux, d’autres qui passent si près qu’elles touchent les rétroviseurs des camionnettes, ou encore des automobilistes qui slaloment entre les plots, les agents de la DIR Ouest en voient de toutes les couleurs.

"Cette flèche, par exemple, a été percutée en plein après-midi explique Guenael Kernen. La voie était neutralisée, les cônes en place, mais…"

"On se demande souvent comment ça a pu arriver. Les gens ont toujours des excuses bidon, je réglais ma radio, je n’ai pas vu renchérit Franck Legendre. On sait bien que quand on est au volant, il suffit d’un rien pour avoir un accident. Il faut donc redoubler de vigilance. Logiquement, quand tu arrives sur un chantier, tu ralentis."


"Ces hommes et ces femmes mettent leur vie en jeu pour la sécurité de tous"
rappelle Emmanuel Berthier, le préfet d'Ille-et-Vilaine qui en appelle à la responsabilité des conducteurs.

"Depuis 2018, le code de la route punit de contraventions le non-respect des zones de travaux. Une voie doit être laissée libre entre une intervention et la circulation" précise le préfet.

"Le problème, c’est qu’il y a des usagers qui n’en ont rien à faire des autres s’inquiète Franck Legendre. On vit dans un monde où il faut toujours aller plus vite, alors quand il y a un accident, les gens ne comprennent pas qu’on puisse bloquer une voie, on les gêne dans leur petit confort quotidien, on se fait insulter."


"Moi, je suis là pour aider les autres en cas de problème
conclut-il, alors s’il vous plait, quand vous voyez des camions oranges et des hommes en jaune, faites attention et ralentissez !"

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