Coronavirus : retour à Bruz, première zone cluster d'Ille-et-Vilaine

Bruz déclaré "zone de circulation active" du Coronavirus. / © Stéphanie Labrousse
Bruz déclaré "zone de circulation active" du Coronavirus. / © Stéphanie Labrousse

Il y a près de trois semaines, le mercredi 11 mars au soir, la commune de Bruz près de Rennes était classée en "zone de circulation active du virus", suite à la contamination de neuf habitants. Ce fut la première ville d'Ille-et-Vilaine touchée par cette mesure. Un épisode traumatisant !

Par Catherine Jauneau


Avec l'apparition de neuf cas groupés de personnes contaminées par le Covid-19 sur un même territoire, Bruz tombe dans l'oeil du cyclone suite à un arrêté préfectoral. Celui-ci impose la fermeture des établissements scolaires et l'interdiction des rassemblements dans les lieux publics.

La vie est suspendue d'un coup, comme un mauvais présage de ce qui sera bientôt la norme pour l'ensemble du territoire français.
 
Auguste Louapre, maire de Bruz, lors du point presse de la Préfecture et de l'ARS au moment de la mise en place de la zone cluster / © Catherine Jauneau
Auguste Louapre, maire de Bruz, lors du point presse de la Préfecture et de l'ARS au moment de la mise en place de la zone cluster / © Catherine Jauneau

Mais, alors que le Morbihan était déjà touché,  Bruz fut la première commune d'Ille-et-Vilaine à basculer dans le classement des zones "cluster" de circulation active du virus. Les 19.000 habitants de la ville tombent sous le feu des médias et découvrent une situation inédite.
 

"Nous sommes devenus des pestiférés !"


Le maire, Auguste Louapre, doit gérer la crise aux côtés de ses administrés, en lien avec l'Agence régionale de santé et la Préfecture.

Un site de dépistage est installé sur place et la peur gagne, pas seulement au sein de la cité. 

"A l'époque, le confinement n'avait pas encore été décidé. Nous sommes devenus des pestiférés. Certains de mes employés communaux qui devaient se rendre à des formations, ont tout simplement été priés de rester chez eux. Nous étions tous considérés comme potentiellement porteur du virus. Même si je comprends que les gens aient eu envie de se prémunir, certaines situations ont été dures à vivre !

Un centre de consultation de proximité a été installé à l’Espace Simone Veil à Bruz / © Stéphanie Labrousse
Un centre de consultation de proximité a été installé à l’Espace Simone Veil à Bruz / © Stéphanie Labrousse

Paradoxalement, le fait d'avoir été les premiers touchés a eu un effet protecteur pour les Bruzois. Très vite, ils ont adopté les gestes barrières et changé leurs habitudes. Par effet induit, la propagation du virus s'est moins développée par la suite, selon l'élu, et aujourd'hui aucun cas grave n'est recensé.


En mode "confiné", la ville s'est adaptée


Depuis, Bruz est confiné, comme partout ailleurs. Seuls les commerces alimentaires et le bar-tabac ont pu rester ouverts. Le maire n'a pas demandé de dérogation pour autoriser la tenue du marché hebdomadaire. 

En revanche, la solidarité s'est organisée : des actions vers les personnes isolées, le portage des repas à domicile pour les anciens par des bénévoles, la mise en place de lignes réservées aux personnes fragiles, et bientôt aux soignants, dans la grande surface du bourg.

La ville assure la continuité des services de l'état civil.
Le centre de dépistage Covid-19, installé à la hâte sur place, a été fermé .


Résultat des municipales : action pour consultation insincère ?


Au soir du premier tour, le maire sortant Auguste Louapre (LR) est battu avec 45,11% des voix par son opposant divers gauche Philippe Salmon (54,89%).
Bruz enregistre un taux d'abstention record de 61 %. Une situation inédite, alors que le taux de participation moyen des derniers scrutins frôlait les 64 %.
 

"La veille du 1er tour, le samedi 14 mars, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé la fermeture dès minuit de tous les lieux publics non indispensables. Il y a eu un effet "épidémie" le lendemain sur les votes. Nos électeurs ne se sont pas déplacés. On a payé un lourd tribut à cette déclaration.  Avec un collectif de maires de France, nous avons pour projet de contester le scrutin pour consultation insincère. L'action n'aboutira peut-être pas mais nous voulons porter un message".


La décision par décret pour la date officielle des passations de pouvoir dans les mairies doit être prise avant le 27 mai. En attendant, Auguste Louapre reste aux affaires. Il pourrait envisager un recours administratif pour contester l'élection dans sa commune.
 

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