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Crise du lait : la mobilisation contre Lactalis s'intensifie

Les hostilités contre Lactalis afin d'obtenir la reprise des négociations sur le prix du lait payé par le géant industriel reprennent. Les premières actions ont débuté en Bretagne à Cesson-Sévigné (35) et Vannes (56). Des actions seront menées devant une quinzaine d'usines du groupe ce lundi soir.
Vers 15h, les premiers tracteurs arrivent devant le site Lactalis de Cesson-Sévigné (35)
Vers 15h, les premiers tracteurs arrivent devant le site Lactalis de Cesson-Sévigné (35) © K. Veillard
"Toutes les régions sont mobilisées", et le mouvement, qui débutera à 20h ne s'arrêtera que lorsque les discussions avec Lactalis reprendront, a déclaré le secrétaire général de la FNSEA Dominique Barrau. Les actions devant les usines seront accompagnées d'opération de sensibilisation des consommateurs qui débuteront dans l'après-midi.

Des actions sur tout le territoire

Partout en France, les sections locales de la FDSEA doivent détailler dans l'après-midi les actions exactes qu'elles prévoient. Des "circulations de tracteurs" sont déjà prévues près de sites Lactalis en Haute-Saône, ainsi que des "sit-in" dans l'Ouest, par exemple devant une usine de camemberts de la Manche.

Blocage à Cesson-Sévigné (35)

A Cesson-Sévigné près de Rennes, une quarantaine d'agriculteurs est arrivée petit à petit dans l'après-midi. Des producteurs laitiers des Côtes d'Armor et de l'Ille-et-Vilaine bloquent la plate-forme logistique Lactalis, empêchant toute entrée ou sortie de camion sur le site. Un blocus qui pourrait durer dans le temps à l'instar de celui de la semaine dernière devant le siège du groupe industriel à Laval en Mayenne.
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Blocage de la plateforme Lactalis à Cesson-Sévigné

"Les actions se feront avec peu de monde et dans le temps (...) c'est symbolique", a expliqué le président de la FDSEA d'Ile-et-Vilaine Loïc Guines, présent à Cesson-Sévigné. "Ce que l'on demande c'est que Lactalis arrive au moins entre 290 et 300 euros" par litre de lait, car obtenir plus selon lui est inenvisageable en raison du marché, plombé par la surproduction européenne. Ce lundi, les organisations de producteurs se penchaient sur de nouvelles propositions à présenter au géant du lait lors des négociations prévues mardi matin à Laval (53). 

Opération dans les grandes surfaces à Vannes

En fin d'après-midi, les éleveurs du Morbihan se sont rendu dans des grandes surfaces (Leclerc et Carrefour) afin de retirer les produits Lactalis des rayons. Une action que la majorité des consommateurs présents sur place soutient.
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Action contre produits Lactalis en grande surface

Des actions du même type sont envisagées dans le Grand Est, les Hauts-de-France ou en Rhône-Alpes pour sensibiliser les consommateurs, avec par exemple des opérations de "stickage" (pose d'autocollants portant des slogans anti-Lactalis sur les produits du groupe), a expliqué le secrétaire général de la FNSEA Dominique Barrau.

Augmenter la pression sur Lactalis

La FNSEA avait annoncé dimanche cette mobilisation générale, pour tenter de forcer le n°1 mondial du lait à remonter ses prix d'achat, après l'échec de deux sessions de négociations, jeudi à Paris et vendredi à Laval. En élargissant le combat à l'ensemble du pays, les producteurs de lait cherchent à augmenter la pression sur Lactalis, resté silencieux depuis vendredi. Le groupe laitier avait alors proposé une augmentation de 15 euros la tonne de lait à compter du 1er septembre, soit environ 271 euros, une proposition perçue comme un camouflet par les agriculteurs.

"Les producteurs ont vraiment la trouille"

"On voit bien que Lactalis a une énorme pression", assure-t-il, évoquant un courrier envoyé aux producteurs la semaine dernière dans lequel l'entreprise menaçait de suspendre la collecte de lait en raison des actions menée contre le site de production de Laval. "Aujourd'hui les producteurs de lait ont vraiment la trouille", a-t-il assuré.
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"Le risque c'est que les autres laiteries s'alignent sur les prix bas de Lactalis"

Le Foll "sans moyen de pression" sur Lactalis

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a affirmé lundi ne pas avoir le numéro de téléphone portable d'Emmanuel Besnier, le PDG de Lactalis, ni avoir jamais rencontré ce patron très secret. "Je suis encore disponible pour faciliter et pousser au dialogue, mais je n'ai pas de moyen de pression direct", a-t-il répété, tout en jugeant "pas acceptable"
que Lactalis soit l'entreprise "qui paye le litre de lait au producteur le moins cher de toutes les laiteries de France".

Un producteur sur cinq en France travaille pour Lactalis soit 20% de la collecte française, ou 5 milliards de litres de lait sur un total de 25 milliards produits annuellement en France. L'entreprise commercialise notamment les marques Lactel, Bridel, Président, Lanquetot et Roquefort Société.
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