Prodige du piano, le jeune Ahmed a joué ses premières notes sur son téléphone

Demandez-lui un morceau, il vous jouera du Chopin. Ahmed Mejdi maîtrise La Fantaisie impromptue sur le bout des doigts. A seulement 16 ans, cet habitant de Saint-Brice-en-Coglès (Ille-et-Vilaine) a appris tout seul, sans aucune partition et en l'espace de quelques semaines. Portrait d'un prodige. 

Ahmed Mejdi, 16 ans, a appris a jouer du piano avec une application installée sur téléphone portable.
Ahmed Mejdi, 16 ans, a appris a jouer du piano avec une application installée sur téléphone portable. © Séverine Breton / France Télévisions

Alors que le monde se sent enfermé, confiné, Ahmed Mejdi lui, ne s'était jamais senti aussi heureux. Le jeune homme de 16 ans passe ses heures au piano, glissant ses doigts sur les touches avec une aisance déconcertante. La Fantaisie impromptue de Frédéric Chopin résonne dans la maison familiale de Saint-Brice-en-Coglès (Ille-et-Vilaine).

Pourtant, il y a encore quelques mois, il n'avait jamais entendu parler du compositeur, ni même posé ses mains sur un piano.
 


Premières notes sur un téléphone


Un soir, gagné par l'ennui, il télécharge une application sur son téléphone pour apprendre à jouer du clavier. "Un coup de tête", lance Ahmed. L'adolescent se prend au jeu et pianote, chaque jour un peu plus, toujours guidé par l'oreille. Le coup de tête devient une passion.

"Je pensais que c'était l'application qui faisait les notes, je n'y prêtais pas attention, raconte sa mère Radhia Mejdi. C'est son père qui s'est rendu compte qu'Ahmed avait un don." Son père Fethi Mejdi, musicien, a lui aussi appris le violon sans partition. En observant Ahmed, il est impressionné.

Les parents décident donc de lui acheter un synthétiseur. Il s'essaye sur un classique de Beethoven.

Une heure après, je vois Ahmed jouer Lettre à Elise avec facilité. Une heure après ! Fethi Mejdi. 

"Pour jouer des morceaux pareils, et sans partition, il faut habituellement du temps, beaucoup d'écoute. Ahmed est très rapide", sourit Fethi Mejdi. Puis l'instrument devient trop petit et le jeune homme reçoit en décembre un piano, un vrai. 
 

Du Chopin, pour se sentir libre


Les mélodies s'enchaînent, de Mozart à Ludovic Einaudi, parfois quelques notes d'impro. Mais ce fan de rap américain aime surtout Chopin.

C'est un compositeur que j'apprécie. Il m'apporte de la sérénité. Quand je joue du Chopin ça me fait vraiment du bien, et je me sens libéré.

Il apprend désormais le solfège avec une professeure de l'école de musique l'Interval-Coglais. Une heure trente de leçon par semaine, remplacée par une demi-heure de cours à distance à cause du confinement. Mais cette période pénible offre au jeune prodige encore plus de temps pour maîtriser le piano sur le bout des doigts et se sentir encore plus libre.
 
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