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Manifestation des Gilets Jaunes à Rennes : un photographe blessé à l'oeil

Sept points de suture et une vue diminuée, conséquences d'un tir de grenade lacrymogène selon Jean-Claude Moschetti photographe indépendant / © DR
Sept points de suture et une vue diminuée, conséquences d'un tir de grenade lacrymogène selon Jean-Claude Moschetti photographe indépendant / © DR

À l'occasion de "l'Acte X" des Gilets Jaunes, plusieurs personnes ont été blessées. À Rennes, un jeune homme aurait perdu un oeil. Un photographe indépendant, également présent sur place a aussi été touché à l'oeil par une grenade lacrymogène et envisage de porter plainte contre X.

Par Emilie Colin

Jean-Claude Moschetti, photographe indépendant se trouvait à Rennes pendant la manifestation des Gilets Jaunes le 19 janvier. Il en ressort avec un oeil tuméfié et un arrêt de travail jusqu'au 26 janvier. Selon lui, sa blessure serait liée à un tir de grenade lacrymogène venant des forces de l'ordre. "Un tir horizontal" dit-il.
 

Au moment de ce tir qui l'atteint à l'oeil, Jean-Claude Moschetti se trouve place Pasteur à Rennes. "À ce moment-là le cortège se divise, après avoir été plusieurs fois repoussé par les forces de l'ordre, notamment en voulant se rendre à la préfecture." Le photographe explique que les CRS sont derrière lui et envoient des grenades lacrymogènes. Il décide à son tour de quitter les lieux, jette un regard en arrière. "Je vois un truc rebondir qui heurte mon oeil et ma tempe". "Je tombe par terre, par réflexe, car je ne sais plus quoi faire. Je saigne." explique t-il. 

"Les streets medics" (unité de soins pendant les manifestations) le prennent alors en charge, le mettent dans un hall d'immeuble à l'abri et appellent les secours. 
 

"Le recours à la force s'intensifie, il est systématique"


Pour ce photographe qui a l'habitude de couvrir des manifestations : "le recours à la force s'intensifie, il est systématique, souvent pas fondé" estime t-il. Dans le cas présent, "les manifestants ne représentaient pas une menace, moi non plus." "Cela reste délibéré, pour faire peur ou pour faire mal." 

Aux urgences, les médecins s'inquiètent de cette blessure. L'oeil droit de Jean-Claude est complètement fermé "je ne voyais que la lumière. Si on me montrait des doigts, je ne voyais pas" indique Jean-Claude. Le diagnostic "contusion de l'oeil droit avec avec ulcère corénéen, contusion du globe oculaire." Ce lundi, il est retourné voir le médecin, sa vue revient "doucement". "J'ai eu de la chance, je portais un casque et des lunettes de protection."
 

Je parle parce que j'ai eu peur


Jean-Claude envisage de porter plainte contre X et d'apporter son témoignage à un avocat qui réunit les actes de violences policières, envers les représentants des médias. "J'ai eu peur, mes yeux c'est mon travail. J'ai maintenant la crainte que le deuxième puisse être touché. Ces violences deviennent un poids." 






 

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