Beaux-Arts de Rennes : la célébration de l'art féminin avec l'exposition “Les Créatrices”

Marie-Thérèse Auffray, À la galerie Charpentier (1956) - Helena Almeida, Pintura habitada (1975) / © Collection particulière Dominique Pannier - © Fundação de Serralves, Porto / © Helena Almeida / Photo Filipe Braga Museu de Arte Contemporânea
Marie-Thérèse Auffray, À la galerie Charpentier (1956) - Helena Almeida, Pintura habitada (1975) / © Collection particulière Dominique Pannier - © Fundação de Serralves, Porto / © Helena Almeida / Photo Filipe Braga Museu de Arte Contemporânea

Niki de Saint Phalle, Élisabeth Vigée Le Brun, Camille Claudel... Plus de 80 oeuvres d'artistes à renommée mondiale investissent à partir de ce samedi 29 juin et jusqu'au 29 septembre le musée des Beaux-arts de Rennes pour mettre en lumière l'émancipation des femmes par l'art.

Par AFP


"Le thème de l'émancipation des femmes par l'art n'a jamais été traité dans une exposition française, ce qui place le musée de Rennes à l'avant-garde", affirme Marie-Jo Bonnet, commissaire de l'exposition, présentée vendredi. 

La spécialiste de l'histoire des femmes et ancienne militante du Mouvement de libération des femmes (MLF) a imaginé une visite autour de cinq thèmes, faisant notamment écho aux violences subies par les femmes et aux interdictions qu'elles rencontrent. 

"La ville de Rennes mène une politique féministe depuis des années, elle est beaucoup plus ouverte à ces questions que Paris. Le musée des Beaux-arts m'a donc laissé carte blanche pour concevoir l'exposition", précise-t-elle. Dès l'entrée, quatre oeuvres gigantesques s'imposent au visiteur. Pièce marquante de l'exposition, la sculpture de Niki de Saint Phalle, Lady Sings the Blues, trône au milieu de la salle. Créée en 1965, cette oeuvre de plus de deux mètres de hauteur rend hommage à la chanteuse de blues et de jazz Billie Holiday. 

"Cette sculpture marque le début de la série sur les Nanas, dans laquelle beaucoup de femmes se sont reconnues", commente Marie-Jo Bonnet. "Nous avons eu des prêts exceptionnels", se félicite la commissaire, qui cite également l'autoportrait d'Elisabeth Vigée Le Brun, conservé à la Galerie des offices, à Florence, en Italie. 

Tout au long de la visite, des oeuvres d'artistes célèbres, de Camille Claudel à Gina Pane en passant par Louise Bourgeois, côtoient des créations d'artistes moins connues, comme celles de l'artiste chilienne contemporaine Ester Chacon Avila ou de la poétesse et peintre féministe Charlotte Calmis, décédée en 1982. L'historienne présente aussi une création féminine qui a traversé les époques, de la Préhistoire à nos jours. Elle souligne par exemple que "des femmes ont participé à l'art préhistorique" comme en témoignent plusieurs statuettes en pierre, qui sont probablement des autoportraits de femmes enceintes. 

Trois autres musées de la région, à Brest, Dinan et au centre d'art contemporain La Criée de Rennes, proposeront simultanément pendant l'été des expositions féministes.
 

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