Bilan frileux à deux jours de la fin des soldes d'hiver

Pour la plupart des commerçants, à deux jours de la fin de la période, le bilan des soldes d'hiver est morne, malgré leur prologation de deux semaines jusqu'au mardi 2 mars.

© France 3 Bretagne

"Les soldes n'ont pas été au rendez-vous cette année". Arrivés "tardivement", "rallongés à la dernière minute", ils ont souffert de la fermeture des centres commerciaux de plus de 20 000 m2 quelques jours après leur lancement. Cela "a cassé la dynamique" estime Stéphanie Verrimst, déléguée générale de l'Union du commerce du Pays de Rennes.

Un début de période de soldes retardé au 20 janvier , qu'une ouverture exceptionnelle pour deux dimanches n'a pas suffit à compenser;
 

Une tendance nationale, qui concerne surtout les commerçants de l'équipement à la personne. "Sur le mois de février et en prenant en compte l'ensemble des magasins compris dans notre panel (habillement et chaussures en centre-ville), on est à -22% des ventes ", explique Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce.

Ce chiffre prend en compte les magasins qui ont dû fermer dans les centres commerciaux en février. Il est d'autant plus spectaculaire qu'il compare une période de soldes à une période sans promotions, puisque, en 2020, les soldes avaient eu lieu surtout en janvier. Pour Yohann Petiot, c'est la conséquence "de l'ensemble des mesures restrictives" qui ont perturbé la période.

Un bilan contrasté

Certains s'en sortent mieux : ceux qui ont pu passer entre les gouttes des fermetures administratives, profitent d'un "report de consommation des magasins fermés", observe Yohann Petiot. Toujours sur la base d'un panel d'une quarantaine d'enseignes représentatives du marché de l'habillement, coréalisé avec Retail Int, il observe que ceux qui étaient ouverts en février ont connu une progression de leurs ventes de 28%. Ces magasins ont aussi pu profiter d'un décalage des soldes.

Pour Rémy Langlois, vice-président de la CCI du Pays de Rennes, "le prêt-à-porter va être amené à revoir son modèle économique", avec un point de vente physique qui "perd de son attractivité". La situation a encouragé la transition numérique, mais "pose des problèmes de trésorerie aux commerces qui n'ont pas pu liquider leur stock et voient déjà arriver les nouvelles collections alors qu'ils ont peu d'argent dans les caisses."

Le secteur de la maison lui s'en tire bien, la tendance par rapport aux soldes de l'an dernier est même en augmentation.

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