Black Lilith Records, une association et un label pour défendre et soutenir les femmes artistes

Défendre et soutenir les femmes artistes, c'est l'ambition du label Black Lilith Records, le premier du genre à émerger en Bretagne, lancé par Orane Guéneau. 

Ont participé à l'album "Black Lilith". De gauche à droite, sur le tabouret Léa Schweitzer, Claire Auffret, Orane Guéno (fondatrice du label Black Lilith records), Margaux Desailly du groupe Mamel, Cléa Laizé, Roxane Hesry (qui fait la grimace), Hélène Bertrand, Maurane Chabot (président de l'association Black Lilith records), Rosa Miller, Eliott Peniguel
Ont participé à l'album "Black Lilith". De gauche à droite, sur le tabouret Léa Schweitzer, Claire Auffret, Orane Guéno (fondatrice du label Black Lilith records), Margaux Desailly du groupe Mamel, Cléa Laizé, Roxane Hesry (qui fait la grimace), Hélène Bertrand, Maurane Chabot (président de l'association Black Lilith records), Rosa Miller, Eliott Peniguel © Louise Quignon/Hans Lucas

"C'est dit sans se victimiser, mais quand tu es une femme et que tu veux vivre de ton art, c'est toujours plus compliqué. Tu as moins accès au matériel, au réseau nécessaire pour te lancer. Il y a aussi un conditionnement, parce quand tu es une femme tu te mets en retrait, tu attends qu'on vienne te chercher." Orane Guéneau est la patronne du bar la Part des Anges à Rennes. Son passé professionnel et les nombreuses discussions autour du comptoir ont fait surgir des problématiques, des envies de s'engager pour soutenir les femmes artistes. Elle créée d'abord l'association Roz'ven (un nom en hommage à la plage qu'aimait fréquenter Colette), avec une mise en commun des savoirs artistiques, des échanges de matériel. Pendant le premier confinement, des ateliers ont lieu : MAO (musique assistée par ordinateur), écriture scénaristique, Djeeing...
 

Les femmes, il faut qu'elles arrêtent de se mettre à genoux, au sens propre comme au figuré pour faire de la musique 

Orane Guéneau


Orane constate la difficulté des femmes à se sentir légitime, l'infantilisation encore dominante lorsqu'elles veulent émerger. Elle raconte : "L'autre jour je suis allée solliciter quelqu'un pour mon label. D'emblée, le gars m'a lancé : alors les filles ? On n'est pas des filles, on est des personnes, c'est complètement infantilisant. Je venais pour lui apporter de l'argent, il ne me prenait pas au sérieux."


Black Lilith Records 


Depuis juin, elle a lancé un label queer, féministe, antiraciste : Black Lilith Records. Le 18 décembre (avec une prévente le 26 novembre), une première compilation sortira en format vinyle, intitulée "Black Lilith". Douze titres, "du rap, de l'électro, du hip-hop en passant par le trap", douze artistes rennaises mises en avant. 
 

L'acte de faire ce label est politique mais le contenu des productions ne le sera pas forcément

Orane Guéno

Margaux fait partie du groupe Mamel. Avec trois autres femmes, elle joue une musique qu'elle qualifie de "brute et irrationnelle". Elle figurera dans le premier opus du label, une expérience qu'elle juge émouvante et excitante. "D'être toutes ensemble dans ce bouillon, ça donne de la force, ça rend puissantes." Elle relève : "Force est de constater qu'il existe peu de groupes exclusivement composés de femmes. Personne ne connaît une grande batteuse, ou une grande guitariste." 

Hélène, a rejoint l'aventure pour deux raisons : "J'avais envie de faire de la musique et le côté militant correspondait à mes valeurs." Dans "Black Lilith", elle signe"Walk straight", "une chanson sur une femme qui se répète sans cesse les mots qu'on lui a toujours assenés. Sa propre voix finit par s'imposer au fil du morceau." Comédienne de profession, elle constate : "On est assez loin de la parité dans le milieu culturel quand on voit qui est à la tête des théâtres, des compagnies. Les chiffres ne sont pas là où on aimerait qu'ils soient."

Avec ce projet, Orane Guéneau compte bien pouvoir ensuite en accompagner d'autres. "Si on vend le premier album soit les 1000 vinyles, je pourrais en produire trois autres grâce à ça." 

En France, d'autres labels ou initiatives ont vu le jour, pour encourager les femmes dans la musique et leurs projets. En septembre dernier, Rebeka Warrior de Sexy Sushi a annoncé la création de WarrioRecords. A Nantes, les rappeuses se sont regroupées sous l'appellation de LA.CLUB

 

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