Bridor : Louis Le Duff, l'homme qui multiplie les pains à travers le monde

© Groupe Le Duff
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D'une première boutique Briochée dorée ouverte à Brest en 1976 à une présence dans une centaine de pays en 2018, Louis Le Duff a créé un empire familial qui livre ses pains et ses viennoiseries sur les cinq continents. L'une de ses filiales, Bridor fête ses 30 ans.

Par AFP

La 1ère usine Bridor est sortie de terre en 1988. Spécialisé dans la fabrication de pains et de viennoiseries surgelées à destination des hôtels et restaurants du monde entier, le groupe est présent dans le monde entier et exporte beaucoup. Pour les 30 ans de Bridor, Jean Yves Le Drian, le ministre des affaires étrangères est venu participer aux festivités. 

Jean-Yves Le Drian et des députés LREM chez Bridor / © S.Breton
Jean-Yves Le Drian et des députés LREM chez Bridor / © S.Breton

35 000 salariés


Un chiffre d'affaires de 2,1 milliards d'euros en 2017, près de 2.000 restaurants et points de vente dans le monde (dont Brioche Dorée et Del Arte), plus de 35.000 salariés, dont la moitié sous franchise: derrière cet empire, un fondateur, Louis Le Duff, 71 ans, dont le groupe s'affirme leader mondial dans le secteur du café-boulangerie.

"La semaine prochaine, nous ouvrons une boutique à Guangzhou (Canton, Chine, ndlr), puis à New Delhi. Nous venons d'en ouvrir une à Buenos Aires (...) Ces dix dernières années ont été celles de la grande expansion internationale", lance Louis Le Duff.

Partout dans le monde


Le groupe possède trois usines Bridor en Amérique du nord (deux au Québec et une à Philadelphie) et deux chaînes aux USA, La Madeleine et Mimi's café, dédiées à la cuisine française. En Europe, le groupe a racheté en 2015 la chaîne Kamps, leader du "café bakery" sur le territoire allemand (plus de 400 points de vente).... Et en Asie il a lancé un plan de création de 500 points de vente à terme en Chine, Corée et Japon.

Il livre le pain et les viennoiseries à l'équiupe de France en Russie


S'il multiplie les implantations à l'étranger, Louis Le Duff se félicite d'une toute récente victoire, plus symbolique: "nous venons d'être retenus pour approvisionner l'équipe de France en pain et en viennoiseries pendant la coupe du monde de football en Russie: qualité et santé dans l'assiette !", promet Louis Le Duff. Une nouvelle victoire dans un secteur où la concurrence est rude, notamment avec deux groupes français aux ambitions tout aussi aiguisées: Alfred Neuhauser (Groupe Soufflet), propriétaire notamment de Pomme de Pain, racheté à la barbe du groupe Le Duff, ou encore l'entreprise familiale Holder (Paul, Ladurée...).

Il n'y a de valeur que l'homme


Né en 1946, fils de maraîchers du Nord-Finistère, Louis Le Duff a l'âme d'un négociant, sans doute héritée des marchés où ses parents l'envoient vendre leurs légumes dès l'âge de 15 ans. Il va ensuite reprendre les études et après une école de commerce en France, obtient une bourse pour un MBA au Canada où il observe le mode de vie de ces Nord-Américains qui préfigure le nôtre, analyse-t-il.

De retour en France, professeur d'économie, il définit un concept de restauration rapide à travers la viennoiserie: "je voulais un produit qui se mange toute la journée: la même base, la pâte à croissant, que l'on peut ensuite adapter":  "un pain au chocolat en France, un croissant aux haricots rouges au Japon, un feuilleté aux légumes en Inde, ça reste la même pâte au départ". Les premières années, l'objectif est d'"ouvrir des magasins, au meilleur emplacement dans la meilleure rue. Faire du chiffre !". Mais comme chaque boutique fabriquait ses propres produits "je me suis rendu compte que je n'avais plus la même qualité artisanale". Il crée alors Bridor, en 1988, un atelier de fabrication destiné à fournir les boutiques "Brioche Dorée" et proposer "la même recette" et "la même qualité" partout.


Le groupe Bridor fête ses 30 ans
Reportage de S.Breton et T.Bouilly


750 millions d'euros de CA


Aujourd'hui, avec un chiffre d'affaires de 750 millions d'euros en 2017, dont 70% à l'international, et une croissance de 20% par an, Bridor est devenu le vaisseau amiral du groupe, avec 10 sites de production dans le monde, dont quatre en France. Hors Amérique du nord, "toute la base est fabriquée en France pour l'international".


Vendredi le groupe inaugurait ainsi une nouvelle zone de stockage pour Bridor en Bretagne, à l'occasion du 30e anniversaire de la marque. Désormais seulement 10% de la production Bridor va pour le groupe, les 90% restants alimentant "plus de 20.000 hôtels 4 ou 5 étoiles dans le monde", mais aussi "beaucoup de boulangers artisans", des compagnies aériennes ou des croisiéristes, souligne M. Le Duff. Sur les 30 dernières années, "nous avons formé plus de 2.000 apprentis" et "plus de 60% de l'encadrement est issu de la promotion interne", affirme-t-il. "Le plus important, ce sont les hommes: s'ils y croient, ils te feront de bons produits. Il n'y a de valeur que l'homme", dit celui qui parle de ses "missionnaires culinaires" dépêchés dans le monde entier.


Financièrement, le groupe, non coté en Bourse, reste "indépendant avec deux actionnaires: la famille Le Duff et une participation des cadres", explique le président dont les deux fils sont directeurs généraux délégués. "On pourrait vendre et vivre de ça", dit-il, sans conviction aucune, avant de rectifier: "On a une responsabilité sociale vis-à-vis des salariés (...) Je veux la pérennité du groupe et mes enfants sont dans le même esprit".  

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