"Certains ont ouvert leur entreprise de réparation". En prison, une formation sur la trottinette électrique proposée aux détenus

Six détenus suivent actuellement une formation de réparateur de trottinette électrique à la prison de Vezin-le-Coquet, près de Rennes. Un nouveau dispositif, lancé il y a cinq mois. Porté par la région Bretagne, l'ambition est de mieux réinsérer les personnes concernées dans un secteur qui a de l'avenir.

Pour la plupart d’entre eux, c’est une première. Six détenus suivent la nouvelle formation de réparateur de trottinette électrique à la prison de Vezin-le-Coquet (Ille-et-Vilaine). Parmi eux : Thomas, 18 ans, qui "n’avait jamais pratiqué la mécanique. J’ai vu de jour en jour que ça me plaisait. Je me projette vraiment dans le métier de la vente et de la réparation".

Des apprentis encouragés non loin de là par Kamel Zoghbar, leur formateur. "Ils doivent par exemple réparer une crevaison. Ils reçoivent une trottinette qui a eu un accident, ils doivent remplacer les différents éléments".

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Kamel Zoghbar vient de la Trott Academy. Né en 2022, ce centre de formation, spécialisé dans les EDPM (Engin de déplacement motorisé) a été sollicité par la région Bretagne pour mettre en place ce dispositif. "Chacun arrive avec ses compétences. Nous avons été sollicités car aujourd’hui les trottinettes électriques, il y en a partout, c’est un secteur avec de l’avenir", précise Kamel Zoghbar.

Faciliter la fin de détention

840 détenus, 120 candidats, mais finalement 18 auront participé à cette formation, débutée en février. Raisons évoquées de la sélection : le manque de place, et la priorité donnée aux personnes arrivant en fin de détention. "Là c'est la troisième et dernière session. L'idée est de mieux de faciliter leur réinsertion. Ils peuvent être remis en mouvement, reprendre le rythme dans un groupe", ajoute Fabienne Martin-Goudet, responsable du dispositif de formation dans sept prisons de l’Ouest.

Nous voulons que les professionnels puissent venir rencontrer, et même embaucher nos différents détenus.

Fabienne Martin-Goudet, responsable du dispositif de formation dans sept prisons de l’Ouest

Chaque session coûte 18 000 euros à la région. Les détenus sont payés 2,75 euros de l’heure. Pas de diplôme à la clé, mais un certificat de compétences, "qui permet d’attester qu’ils peuvent réparer jusqu’à 90 % une trottinette". Preuve de leur réussite, deux d’entre eux, sortis de prison, ont ouvert leur entreprise de réparation.

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"Il y a une volonté également de se rapprocher de certains magasins. Nous voulons que les professionnels puissent venir rencontrer, et même embaucher nos différents détenus". Decathlon, Boulanger, Fnac sont notamment cités, "étant donné qu’ils vendent énormément de trottinettes", rappelle Kamel Zoghbar.

Le conseil régional, chargé de la formation des personnes sous main de la justice, cherche aussi des réparateurs susceptibles de participer au jury de fin de formation, qui valide ou non les aptitudes de l’apprenti. Pour rappel, la région a financé, en 2023-2024, 21 formations en y affectant une enveloppe 1,3 million d’euros en Bretagne.

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