Cinémas : les salles obscures y voient enfin plus clair !

Leur réouverture est programmée le 19 mai. Une date très attendue par tous, mais en particulier par le cinéma d’Art et essai L’Arvor qui inaugurera ce même jour son nouveau site près de la gare de Rennes.

Une des cinq salles de l'Arvor, prête pour accueillir ses premiers spectateurs
Une des cinq salles de l'Arvor, prête pour accueillir ses premiers spectateurs © Krystel Veillard - France Télévisions

Eric Gouzannet, le directeur du cinéma L’Arvor à Rennes, sort tout juste d’une réunion pour préparer le réouverture du 19 mai. On sent chez lui une certaine excitation et il y a de quoi ! Pour ce cinéma d’Art et essai bien connu des Rennais, longtemps domicilié rue d’Antrain, cette date coïncidera aussi avec les premières projections dans son nouvel écrin situé rue de Châtillon, sur l’esplanade qui surplombe les voies de la gare rennaise. 
 

C’est un moment vraiment important pour nous. Nos spectateurs vont découvrir notre nouvelle implantation avec cinq salles flambant neuves dans un contexte particulier, mais nous sommes confiants... Les amoureux du cinéma seront là. 

Éric Gouzannet, responsable de L'Arvor à Rennes

La façade du nouvel Arvor à Rennes, côté rue, dans le quartier de la gare
La façade du nouvel Arvor à Rennes, côté rue, dans le quartier de la gare © Krystel Veillard - France Télévisions

 


Une jauge de 35%

Si le responsable du cinéma affiche son optimisme, c’est bien-sûr parce qu’il compte sur « l’effet curiosité » mais c’est aussi parce que tout a été prévu pour des conditions d’accueil optimales. « Ce n’est pas la première réouverture. Il y a déjà eu celle du 22 juin dernier, alors nous avons acquis une certaine expérience pour accueillir au mieux le public dans le respect des protocoles sanitaires (port du masque, gel hydroalcoolique...). Dans les salles, on va être sur une jauge de 35% par rapport à d’habitude, en laissant deux fauteuils vides entre chaque groupe de spectateurs, et nous serons là pour les accompagner ». Toutefois, Éric Gouzannet reconnaît que « le mois de mai n’est généralement pas la période la plus faste en terme de fréquentation et que l’appel des terrasses se fera forcément sentir. Alors, il va falloir mettre le paquet sur la programmation », affirme-t-il.

Éric Gouzannet, au guichet du cinéma, qui n'attend plus que le public.
Éric Gouzannet, au guichet du cinéma, qui n'attend plus que le public. © Krystel Veillard - France Télévisions

 

« 150 films restés sur le carreau »

Justement, la programmation, c’est un peu le nerf de la guerre. « 150 films sont restés sur le carreau, chez nous, comme par exemple « ADN » de la réalisatrice Maïwenn. Mais bon, à la dernière réouverture, nous avions déjà repris les films qu’on avait malheureusement laissés en plan quelques mois auparavant. Donc on sait faire. Concernant les sorties, ceux qui disent que ça va bouchonner, se trompent je crois. Certains distributeurs vont vouloir être là dès le 19 mai, mais d’autres préfèreront attendre et échelonner. Les professionnels ont tout intérêt à éviter de se marcher dessus. En tout cas, c’est le spectateur qui va être gagnant car il va avoir du choix et des films porteurs, comme par exemple"Mandibules" de Quentin Dupieux. Pour le reste, on fera la fête plus tard ! », conclut le directeur de L’Arvor.
 

« Un jeu de chaises musicales »

Même son de cloche chez Yves Sutter, directeur général des Cinéville : « Les tournages ont été peu interrompus, hormis pendant le premier confinement, mais ils ont vite repris dans le respect des règles sanitaires, donc c’est vrai qu’il y a beaucoup de films sur l’étagère. Alors, les distributeurs de films se réorganisent. Dans les mois qui viennent, il va y avoir un jeu de chaises musicales, une sorte de régulation, qui fait que certains films verront peut-être leur sortie décalée en 2022 ». Mais si Yves Sutter est dans une dynamique positive, c’est qu’il sait qu’avec une moyenne de trois entrées par an et par habitant, « les salles de cinéma pourraient accueillir 20 à 25% de spectateurs en plus. Le fait qu’il y ait plus de films à sortir d’un coup n’est pas forcément un problème. C’est une question d’envie, de désir ».


 

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